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06 mars 2007

L'arnaque des compléments alimentaires

LE MONDE

Ils envahissent les vitrines et les rayons des pharmacies. Ils promettent de "réduire le tour de taille", de "déstocker les graisses" ou bien de "ralentir le vieillissement", ou encore de "fortifier les ongles et les cheveux". Sous forme de gélules, comprimés ou ampoules, les compléments alimentaires, également vendus en grandes surfaces et sur Internet, ont représenté, en 2005, un marché florissant de 894 millions d'euros, en hausse de 7 % par rapport à 2004. "Un marché de la poudre aux yeux et des pilules pipeau", a dénoncé, mercredi 21 février, l'association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).

Après avoir comparé les promesses de 140 produits aux publications scientifiques référencées par le National Institute of Health, principale agence de recherche médicale américaine, et aux avis publiés par les agences sanitaires, la CLCV affirme aboutir à un résultat sans appel : "Les vertus des compléments alimentaires relèvent pour l'essentiel de l'affabulation."

Caféine, extrait de thé vert, acide linoléique conjugué ou chitosan : aucune de ces substances - très souvent rencontrées dans la composition des produits "minceur" - "n'a fait la preuve de son efficacité", souligne la CLCV. Idem pour l'huile de bourrache ou d'onagre contenue dans la plupart des produits censés améliorer "la santé de la peau" ou les apports en silicium promettant des cheveux "plus forts et plus sains". L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne contestent pas l'enquête menée par la CLCV.

EXPLOSION DU MARCHÉ

Parce qu'ils dépendent du code de la consommation et non de celui de la santé publique, les compléments alimentaires n'ont pas besoin, contrairement aux médicaments, d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). "Le biais est là", considère le professeur Irène Margaritis, chef de l'unité évaluation nutrition et risques nutritionnels à l'Afssa.

Résultat : les contrôles, menés par la DGCCRF, ne peuvent s'effectuer qu'après la commercialisation et porte essentiellement sur l'étiquetage pour vérifier que les allégations ne sont pas thérapeutiques. "Un complément alimentaire ne peut pas dire qu'il va prévenir telle ou telle maladie ou permettre une perte de poids", explique-t-on à la DGCCRF. En revanche, il peut tout à fait alléguer une "réduction du tour de taille". Les services de marketing ne s'y sont pas trompés et débordent de créativité pour contourner la réglementation.

L'Afssa ne peut travailler sur ces produits que si elle est saisie par la DGCCRF. Preuve de l'explosion du marché, le nombre de saisines est passé de 50 en 2000 à 100 en 2005. "Nous menons une évaluation à partir des connaissances scientifiques et des études cliniques fournies par les entreprises", explique le professeur Margaritis. Mais les preuves des allégations font souvent défaut. "Nous manquons beaucoup d'études cliniques bien menées, notamment dans le domaine de la minceur", déplore-t-elle. Ces dernières années, l'Afssa a rendu une série d'avis défavorables, notamment sur l'utilisation de la poudre de maca et sur la supplémentation en silicium. Après, c'est à la DGCCRF de contrôler la bonne application des avis de l'Afssa.

Il peut arriver que des allégations soient fondées scientifiquement mais qu'elles concernent une cible particulière et non la population en général. Il en est ainsi des suppléments en vitamines B9 pour les femmes enceintes ou en vitamines B12 réservés aux personnes âgées. "La question de la cible est très importante, insiste Mme Margaritis. Si notre alimentation est équilibrée et diversifiée, nous n'avons pas besoin de suppléments."


Sandrine Blanchard

29 décembre 2006

Vitamine E : aucun bénéfice sur les fonctions cognitives chez la femme âgée

PARIS (APM Santé) - Une supplémentation en vitamine E pendant 10 ans n'apporte aucun bénéfice en termes de performances cognitives chez une population de femmes âgées, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue « Archives of Internal Medicine ».
Le stress oxydatif joue un rôle clé dans le développement des troubles cognitifs. Or, plusieurs études antérieures, conduites en laboratoire sur des cellules ou chez l'animal, ont montré que la vitamine E, une molécule aux propriétés antioxydantes, protégeait contre la destruction neuronale. Les résultats d'études cliniques ont par ailleurs suggéré qu'une thérapie antioxydante nécessitait d'être initiée à un âge jeune (avant le début du déclin cognitif) et conduite sur une longue période.

Jae Hee Kang, du Brigham and Women's Hospital, de la Harvard Medical School (Etats-Unis), et ses collègues, ont mené une étude auprès de 6.377 femmes en bonne santé, âgées de plus de 65 ans, ayant reçu aléatoirement de la vitamine E ou un placebo pendant 10 ans entre 1992 et 2002. Des tests cognitifs pour évaluer la performance cognitive globale et la mémoire verbale ont été effectués par téléphone chez toutes les volontaires en 1998, 2000 et 2002. Un score global a été calculé à partir des résultats aux différents tests.

Selon les résultats de l'étude, aucune différence significative dans la valeur du score global de performance cognitive n'a été constatée entre le groupe de femmes ayant reçu une supplémentation en vitamine E et le groupe contrôle, 5 et 9 ans après le début de l'étude. L'évolution des performances cognitives au cours du temps s'est également révélée similaire dans les deux groupes.

Finalement une consommation de vitamine E sur une longue période n'a procuré aucun bénéfice neuroprotecteur ni permis de ralentir l'évolution du déclin cognitif chez une population de femmes âgées, concluent les auteurs.

(Archives of Internal Medicine, 11/25 décembre 2006, vol.166, n°22, p.2462-2468)


Encore une légende sur les suppléments vitaminiques qui en prend pour son grade !.

19 octobre 2006

Les suppléments de testostérone et de DHEA inutiles pour les aînés

Les suppléments de testostérone et de DHEA n'améliorent en rien la qualité de vie ou la santé des aînés, hommes et femmes, qui en prennent, conclut une des premières études scientifiques rigoureuses à avoir été menées sur la question.

"Il n'y a aucune raison d'administrer ces substances" aux aînés, a dit l'auteur de l'étude, le docteur K. Sreekumaran Nair de la prestigieuse clinique Mayo aux Etats-Unis.

La DHEA, un stéroïde précurseur de la testostérone et de l'oestrogène, est produit naturellement par l'organisme, mais la production chute rapidement après l'âge de 25 ans. Des suppléments de DHEA sont présentés comme ayant des effets rajeunissants, et les consommateurs américains en ont acheté pour 50 millions $ US l'an dernier. La testostérone, elle, n'est disponible que sur ordonnance.

Leur effet n'a toutefois fait l'objet que d'un nombre restreint d'études chez l'humain. En 2000, une étude française menée sur 280 sujets âgés avait décelé une faible augmentation de la libido chez les femmes qui prenaient de la DHEA. Et plus tôt cette année, une étude néerlandaise, qui portait elle aussi sur la DHEA, n'a détecté aucun bienfait chez 100 hommes âgés de 70 ans et plus.

La nouvelle étude, dont les résultats sont publiés dans le New England Journal of Medicine, a été réalisée sur une période de deux ans auprès de 57 femmes et 87 hommes âgés d'au moins 60 ans. Les participants ont pris des doses quotidiennes de DHEA, de testostérone ou d'un placebo, une substance inerte sans effets.

Les participants se sont ensuite soumis à différents tests, notamment des prises de sang et des mesures de leur gras corporel, de leurs hormones, de leur flexibilité, de leur densité osseuse et de leur performance sur un tapis roulant.

Même si les taux de testostérone et de DHEA ont augmenté chez les sujets qui ont pris de véritables suppléments, cela ne s'est pas traduit par une amélioration de leur qualité de vie, de leur performance physique ou de la capacité de leur organisme à réduire les taux de glucose sanguin.

Le seul effet significatif décelé aura été une petite réduction du gras corporel chez les sujets ayant pris de la testostérone, sans que cela n'ait entraîné une augmentation de la force musculaire.

Aucun effet secondaire néfaste n'est rapporté, mais certains experts soulignent que des doses élevées de testostérone peuvent accroître le risque de cancer de la prostate tandis que la DHEA pourrait augmenter le risque, pour certains patients, de souffrir d'un cancer du sein ou de la prostate.

=> DHEA in Elderly Women and DHEA or Testosterone in Elderly Men


Encore des pseudo-médicaments, vantés par les adeptes d'AMESSI, et qui perdent tout crédit auprès des équipes de scientifiques qui étudient leur soi-disant efficacité dans des études cliniques.

13 février 2006

La mélatonine, sans danger et sans bienfaits

Selon une étude, cette hormone n'a pas d'effets sur le jet-lag et l'insomnie.

Vous achetez de la mélatonine aux Etats-Unis ou sur l'Internet pour soulager vos insomnies ou lutter contre les effets du décalage horaire ? Sachez que c'est sans danger, du moins à court terme, mais inefficace. C'est la conclusion d'une étude menée par l'équipe canadienne de Nina Buscemi, publiée dans le British Medical Journal du 10 février.

Naturellement produite la nuit par une glande du cerveau, l'épiphyse, la mélatonine joue un rôle important dans les cycles veille-sommeil. Très populaire en Amérique du Nord, où elle est en vente libre, cette hormone n'a jamais été commercialisée en France. Les autorités sanitaires considèrent que ses bénéfices sont insuffisamment démontrés, et ses effets à long terme mal connus.

Pour en avoir le coeur net, les médecins canadiens ont réanalysé 13 études testant la mélatonine dans différentes indications, publiées entre 1999 et 2003. Au final, l'hormone confirme sa bonne tolérance lors d'un usage court (moins de trois mois). Mais elle ne montre pas d'effet statistiquement significatif, ni sur les troubles du sommeil liés à un travail posté ou une cause médicale, ni sur le décalage horaire.

Il y a quelques semaines, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) avait mis en garde les consommateurs français contre les achats de médicaments sur l'Internet, en raison notamment du risque de mésusage et de contrefaçon. L'utilisation de produits contenant de la mélatonine ou de la DHEA «non soumis à l'évaluation des autorités sanitaires» est «fortement déconseillée», insistait l'agence.

- Efficacy and safety of exogenous melatonin for secondary sleep disorders and sleep disorders accompanying sleep restriction: meta-analysis - British Medical Journal



Encore une thérapie inutile, recommandée par des charlatans à leur seul profit.