22 décembre 2005

Un malade atteint de sclérose en plaques débouté par le tribunal

(AFP) - Un jeune lorrain atteint de sclérose en plaques (SEP), qui poursuivait son ancien médecin pour l'avoir vacciné contre l'hépatite B, a été débouté jeudi par le tribunal de Metz qui a estimé qu'il n'y avait pas de lien prouvé entre le vaccin et la sclérose en plaques.
Le malade entend faire appel.
Christophe Nicolas, 28 ans, a vu les premiers symptômes de sa maladie apparaître en septembre 1999, quinze jours après avoir reçu une dose de rappel du vaccin anti-hépatite B (Engérix-B) injectée par son médecin traitant, avait indiqué son avocat à l'audience le 21 octobre.
Souffrant d'abord de vertiges et de troubles de la marche, il est aujourd'hui invalide et se déplace difficilement avec des béquilles.
Christophe Nicolas avait été victime de crises d'épilepsie répétées dans son enfance ce qui constitue "une contre-indication pour la vaccination", avait fait valoir son avocat.
Assurant la défense du médecin, Me Philippe David avait pour sa part réfuté le "lien de causalité" entre la vaccination anti-hépatite B et la SEP. Un lien que ne permettent pas d'établir les études récentes, avait-t-il allégué.


Il est triste de voir la détresse des malades exploitée par les tenants décervelés de l'anti-vaccination, comme ceux de l'association AMESSI, et les profiteurs de la judiciarisation à outrance. Le débat scientifique n'est jamais clos, mais il penche largement en faveur d'une innocuité du vaccin contre l'hépatite B. Quoi qu'il en soit, il est d'ores et déjà établi que le rapport bénéfice/risque (y compris les risques potentiels) est particulièrement élevé pour ce vaccin.

21 novembre 2005

Amalgames dentaires: les concentrations de mercure non-toxiques

PARIS (AFP) - Les concentrations de mercure identifiées dans les amalgames dentaires "ne sont pas de nature à entraîner des effets toxiques", a déclaré lundi l'Agence du médicament (Afssaps) dans un communiqué."L'amalgame dentaire est un matériau d'obturation de bonne qualité qui justifie le maintien de son utilisation en chirurgie dentaire", a précisé l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
"Les doses de mercures identifiées sont très en deçà de celles pouvant entraîner des effets toxiques", a ajouté l'Afssaps, précisant que la "libération de mercure, proportionnelle au nombre d'amalgames en bouche peut survenir lors de la condensation, du polissage, de la pose et de l'usure des amalgames".
L'Afssaps avait constitué en 2003 un groupe de travail sur les amalgames dentaires après avoir été alertée, a-t-elle expliqué, "par des déclarations de personnes qui présentaient des troubles qu'elles estimaient liés à la présence d'amalgames dentaires".
Dans leur rapport remis en octobre, les 14 experts de ce groupe de travail ont estimé que "la preuve d'une relation de causalité entre présence d'amalgames en bouche et des symptômes ou pathologies systémiques (Ndlr touchant le reste de l'organisme) n'a pu être apportée", a résumé l'Afssaps dans le communiqué.
Estimant que le "retrait systématique des amalgames dans la population générale ne se justifie pas", le groupe de travail a proposé un suivi des personnes qui présenteraient des troubles qu'elles estiment liés à la présence d'amalgames dentaires et rappelé des précautions d'emploi.
Il a ainsi recommandé "d'éviter de placer des amalgames dentaires au voisinage direct d'autres restaurations métalliques (couronnes, ndlr) afin de ne pas augmenter le risque de corrosion".
Il faut, ont ajouté les experts, "proscrire la mise en place d'amalgames au contact direct d'éléments en alliage de métaux précieux ou d'ancrages en laiton doré".
"La pose et plus encore la dépose des amalgames augmentent sensiblement la libération de mercure", il faut donc, selon le groupe de travail, "éviter" si possible ces actes chez la femme enceinte ou allaitante.
Il est aussi "déconseillé d'effectuer l'éclaircissement des dents postérieures" obturées par de tels amalgames "compte tenu de la libération des vapeurs de mercure provoquées par l'action de peroxydes".
Le parquet de Paris a ouvert le 10 octobre une information judiciaire après la plainte d'un homme de 45 ans, Michel Ferrandez, invalide à 80%, atteint d'une maladie du système nerveux qui s'estime victime d'une intoxication provoquée par le mercure de ses amalgames dentaires.


Ainsi s'effondre encore une des nombreuses idées reçues de l'AMESSI sur la médecine, dans ses vaines tentatives d'imposer des commerces de pseudo-médecines charlatanesques en lieu et place des techniques médicales modernes. Ce cas illustre à nouveau l'impossibilité de passer du témoignage de foi (style "ça marche") à un mécanisme de causalité indispensable pour établir une théorie scientifique. Cette considération immodérée pour les témoignages de foi est l'un des principaux sophismes en cause dans les raisonnements défecteux des adhérents de l'AMESSI.

16 novembre 2005

La plante qui cache le poison

Les zélateurs forcenés de la phytothérapie devraient se méfier. A force de répéter que les plantes sont efficaces pour traiter toutes sortes d'infections, ils oublient une chose: si elles sont réellement actives, elles peuvent donc aussi être dangereuses. Surtout si on confond l'une avec l'autre. Prenez Stephania tetandra, une herbe d'origine chinoise censée faire maigrir. Commercialisée par la firme Arkopharma sous le doux nom d'Asiatitrat, elle fut utilisée par près de 2 000 femmes en France au début des années 1990 et plus encore en Belgique, où 1 million et demi de gélules furent vendues.

Mais voilà, si Stephania paraît inoffensive, sa cousine Aristolochia est, elle, très nuisible. L'un de ses composants constitue même un poison qui peut provoquer une insuffisance rénale ou des cancers des voies urinaires, et ce plusieurs années après qu'on l'a ingéré. Or, en chinois, la première s'appelle han fangchi et la seconde guang fangchi. Deux noms très proches qui expliquent que, entre 1989 et 1992, Arkopharma ait importé par erreur 750 kilos d'Aristolochia. Le leader européen de la phytothérapie et des compléments alimentaires (près de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004) a beau arguer que ces deux plantes étaient autorisées à la vente, sept femmes au moins, en France, en ont subi de graves conséquences et deux en sont mortes. L'une avait 40 ans, l'autre 34. Le mari de cette dernière a porté plainte en 2001 pour homicide involontaire.

Au cours du procès, qui s'est tenu le 5 octobre, le procureur avait requis deux ans de prison et 20 000 euros d'amende à l'encontre du PDG de l'époque. Celui-ci a d'ailleurs reconnu avoir «vendu une plante pour une autre», tout en se défendant d'avoir manqué de vigilance. Le verdict, rendu ce 17 novembre, donnera sans doute lieu à une procédure d'appel. Mais il aura au moins eu un mérite: rappeler les risques d'une «conception erronée et largement répandue [qui] fait de “naturel” le synonyme de “sans danger”». La phrase est tirée d'un rapport de l'Organisation mondiale de la santé paru en décembre 2002. Dans un pays où 49% de la population a déjà eu recours, au moins une fois dans sa vie, à des médecines complémentaires ou parallèles, elle prend tout son sens.


21/11/05 : L'ex-PDG en question a été condamné à trois ans de prison avec sursis et à 30.000 euros d'amende mais a fait appel. Le pharmacien niçois, qui comparaissait également, a été condamné quant à lui à 12 mois d'emprisonnement avec sursis. La phytothérapie, qui n'est pas toujours une charlatanerie, a parfois des effets secondaires non négligeables. Rappelons-le: "naturel" n'est pas synonyme de "sans danger".

15 novembre 2005

France: campage de vaccination ROR

PARIS (AFP) - L'Assurance maladie lance la deuxième vague de sa campagne d’incitation à la vaccination Rougeole, Oreillons, Rubéole (ROR) sur le thème "N’attendez pas que ça devienne méchant. Vaccinez votre enfant maintenant".Cette campagne débutera le 14 novembre avec la diffusion d'un film TV de 25 secondes, "le lionceau". 700 radio locales, crèches, centres de PMI, cabinets médicaux, presse parentale relayeront la campagne, brochures et affiches à l'appui.
Le vaccin (prix: entre 15,14 et 16,75 euros) protégeant contre les trois maladies à la fois est pris en charge à 100% par l’Assurance maladie pour les enfants de 1 an à 13 ans inclus.
Il s'agit, explique l'Assurance maladie, de convaincre les parents de faire vacciner leurs enfants dès un an et sans attendre, et d'augmenter ainsi le taux de couverture vaccinale, actuellement "trop faible en France pour permettre l’élimination de ces maladies à court terme".
Selon l’OMS, l’Europe pourrait se débarrasser de ces trois maladies en 2010 si la couverture vaccinale est d’au moins 95%. En 2000, sur 960.000 cas de rougeole, 7.000 furent mortels, note un expert, le Pr Pierre Bégué dans la Revue du Praticien.
La France, avec un taux de vaccination de 86% chez les enfants de deux ans en 2002, est encore loin de cet objectif. Mais ce chiffre recouvre des disparités régionales, avec des écarts entre départements allant de 67 à 95% en 2002 pour les enfants de 2 ans. Une épidémie de rougeole a ainsi touché en 2003 la région PACA qui a un niveau insuffisant de vaccination.
Plus ces maladies, déjà pas toujours bénignes dans l'enfance, sont contractées tard, plus elles sont dangereuses et leurs complications fréquentes. 35 % des mères vaccinent leurs enfants par crainte des complications, selon une enquête Ipsos de septembre 2004 réalisée auprès de 400 mères d'enfants de moins de 13 ans et 200 médecins libéraux. Les mères pensent à tort que la rougeole est la moins grave des trois maladies. En revanche, médecins généralistes et pédiatres ont peu conscience du nouveau visage de ces trois maladies (fréquence un peu plus importante chez l'adulte, avec des formes plus sévères), d'après l'enquête.
Le nombre de décès imputables à la rougeole a baissé de 39% dans le monde depuis 1999 grâce à la vaccination (source : OMS-Unicef).
Le Fonds national de prévention, d'éducation et d'information sanitaire (FNPEIS) de l’Assurance maladie, créé en 1988, alloue à la vaccination 25 millions d'euros (prise en charge du ticket modérateur des vaccins et campagnes d'information), dont 8 millions attribués au vaccin ROR et 17 millions au vaccin antigrippal.


Ignorance, insouciance et pseudoscience sont les trois principales causes de ces 7000 morts annuelles. Atteindre une couverture vaccinale de 95% suppose la participation volontaire de tous. Ceux qui crient à la 'liberté vaccinale', par peur irrationnelle des vaccins, nuisent grandement à l'éradication définitive de ces maladies et donc des vaccinations qui les effraient tant. Une peur qui doit bien faire l'affaire des producteurs de vaccins, en fin de compte, assurés ainsi d'une rente à vie.

26 octobre 2005

Middle-age people more likely to use alternative medicine

WINSTON-SALEM, N.C. – Middle-age people are more likely than younger or older adults to use complementary and alternative medicine, according to researchers at Wake Forest University School of Medicine.

"Midlife adults entered adulthood at a time of more widespread use of complementary and alternative medicine (CAM) in the population and when public health policy was shifting attention toward individual responsibility for health and health promotion," said Joseph G. Grzywacz, Ph.D., and his colleagues, writing in the October issue of the Journal of Aging and Health.

"Current use of CAM among adults was likely shaped by the relative availability of CAM and prevailing public health policies in place when adults began making their own health-related decisions."

But the researchers added that the middle-age adults are more likely than either young adults or older adults to use CAM for prevention rather than for treatment of specific conditions.

"This study provides the first estimates of notable age-related differences in whether CAM is used to treat an existing health condition or for illness prevention and health promotion," he said.

Grzywacz, assistant professor of family and community medicine, said the researchers got their results from data for 31,044 people who participated in the 2002 National Health Interview Survey. The survey is a national sample of Americans that has been conducted annually since 1957 by the National Center of Health Statistics, an arm of the Centers for Disease Control and Prevention.

The survey included questions on 20 types of complementary and alternative medicine, which Grzywacz and his colleagues grouped into four categories:
  • Alternative medical systems, such as acupuncture, homeopathy and naturopathy.

  • Biologically based therapies, such as chelation therapy, folk medicine, herb use, special diets, or megavitamins.

  • Manipulative and body-based methods, such as chiropractic or massage.

  • Mind-body interventions such as relaxation techniques (meditation), movement therapies (yoga) and healing rituals.


In each case, the survey asked participants whether they used it for treatment, for prevention, for both, or not at all.

"Some types of complementary and alternative medicine, such as alternative medicine systems, are used primarily for treating existing conditions," Grzywacz said. "Others, such as mind-body interventions are used primarily for illness prevention and health promotion." But the biologically based therapies are used almost equally for treatment and prevention.


Les thérapies alternatives sont utilisées surtout par une frange de la population qui en a le moins besoin, notamment pour "prévenir" des maladies qu'ils n'ont pas et n'auront peut-être jamais, avec ou sans le recours à ces thérapies. On peut comprendre la remarquable efficacité préventive de ces thérapies, chez des individus en bonne santé.

18 octobre 2005

Le BCG, ça marche vraiment

Contre la tuberculose de l'enfant, le BCG est décidément efficace. Une étude britannique vient conforter à point nommé la position de l'Académie de Médecine, qui plaide pour le maintien de l'obligation vaccinale pour les petits.

La vaccination par BCG "empêcherait les enfants infectés par le bacille tuberculeux de déclarer la maladie. Et pour les petits non-infectés, de ne pas être contaminés ", explique le Dr Ajit Lalvani de l'Université d'Oxford, auteur de ce nouveau travail publié aujourd'hui dans les colonnes du Lancet.

Le Dr Lalvani a suivi près de 1 000 écoliers d'Istanbul exposés quotidiennement à un tuberculeux au sein de leurs familles. Parmi ces jeunes, 770 étaient vaccinés "et ne présentaient pas de tuberculose active". Mais cela ne signifie pas qu'ils n'étaient pas porteurs du bacille tuberculeux. Car en effet, une personne peut très bien être infectée sans pour autant développer la maladie. Or Lalvani a calculé que les enfants vaccinés avaient "24% de risque en moins" d'être porteurs du bacille. Une conclusion qui met à mal la théorie selon laquelle le BCG est un vaccin "égoïste", sans impact sur la circulation du bacille tuberculeux.

Sources: The Lancet on-line, 13 octobre 2005


Encore un camouflet scientifique contre les adeptes décervelés de l'anti-vaccination.

13 octobre 2005

Le syndrôme de Galilée

De nombreux crédophiles, dont ceux d'AMESSI qui croient aux médecines charlatanesques, se croient persécutés par la "science officielle", sorte de nouveau démon des temps modernes. Les plus atteints mentionnent des complots de lobbies des 'méchants labos pharmaceutiques' (oubliant que la vitamine C qu'ils préconisent fait le bonheur des labos Roche, par exemple, ou que l'homéopathie qui fait leurs délices est le principal fond de commerce des labos Boiron). Pour finir leur lamentations habituelles, ils se comparent à Galilée, se faisant ainsi beaucoup d'honneur.
Pour rétablir un peu la réalité historique, rappelons que Galilée était un scientifique, ce que ces crédophiles ne sont généralement pas, et qu'il était persécuté par la 'Sainte Inquisition', des gens qui croyaient à leur dogme sans aucune justification raisonnables de leurs croyances, c'est-à-dire des crédophiles comme eux. Juste retour de bâton, ils ne sont maintenant plus du côté du manche et des lois nous protégent maintenant contre les agissements des charlatans de tout poil. Mais ils peuvent toujours se plaindre et se présenter en martyr, une caractéristique qu'ils partagent avec de nombreux terroristes.

Beljanski, scientifique et charlatan

Un cas un peu similaire à celui de Loïc Le Ribault et son G5. Beljansky est lui, un véritable scientifique de formation et pas simplement un docteur en sédimentologie formé sur le tard.
Après avoir été 'viré' de l'Institut Pasteur, Beljansky s'est mit à prétendre guérir le cancer, le SIDA et autres maladies graves avec des produits que, bien entendu, il a commencé à vendre. Il fut condamné en 96 et ses produits sont maintenant interdits en France.
Après sa mort en 98, sa femme reprend le lucratif business en 'oubliant', semble-t-il, de payer la TVA sur ses produits miracles.

L'association Act-up en parle le mieux:
Le jugement de première instance rendu le 23 mai 2001 par la 17ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Créteil :
. a condamné une quinzaine de personnes pour exercice illégal de la pharmacie, absence d’autorisation d’un établissement de fabrication de médicaments, absence d’autorisation de mise sur le marché d’un produit présenté comme médicament, publicité illégale de médicaments, trompeuse ou de nature à porter atteinte à la protection de la santé publique, publicité illégale pour un médicament à usage humain non autorisé, non enregistré ou non conforme à l’autorisation de mise sur le marché, publicité auprès du public pour un médicament à usage humain sans visa de publicité, tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme, et complicité de ces délits.
. a jugé en outre recevable les constitutions de partie civile d’Act Up-Paris, d’AIDES et de la Ligue contre le Cancer.

Défenseurs des intérêts des personnes malades, nous voulons rappeler que ces produits n’ont fait l’objet d’aucune autorisation de mise sur le marché. Ils ont été proposés à des patients sans test clinique, test de toxicité ou d’efficacité, présentés comme efficaces contre le sida et le cancer, à des prix exorbitants. L’arrêt des médicaments prescrits a également été demandé à certains. Les prévenus ont utilisé la situation tragique des malades du sida à une l’époque où peu de traitements efficaces existaient pour stopper la progression de la maladie, bafouant ainsi toutes les règles éthiques et scientifiques. Rappelons que la seule étude scientifique sur l’efficacité des produits Beljanski, réalisée sous l’égide de l’ANRS, a conclu à l’absence de propriétés actives, du moins à des doses supportables par l’être humain.

Lectures conseillées:
Les charlatans de la santé de Jean-Marie Abgrall.

11 octobre 2005

Naturopathie et autres charlataneries

Charlie Hebdo vient d'être relaxé des accusations de diffamations envers une personne pratiquant la "communication facilitée", une pratique supposée permettre aux autistes de s'exprimer à l'aide d'un clavier et d'un 'facilitateur' humain (qui en fait dirige la main de la personne autiste). L'hebdomadaire avait qualifié cette pratique de "charlatanerie" et s'était indigné de son remboursement par la Sécu.
Il est donc encore possible, en France, d'exprimer son point de vue sur des techniques charlatanesques, sans que les charlatans qui les pratiquent ne puissent s'y opposer.

Profitons-en donc et abordons maintenant la naturopathie.

La profession de naturopathe n'est ni reconnue ni règlementée en France. N'importe qui peut donc se baptiser "naturopathe" sans aucune formation, médicale, scientifique ou autre.

La naturopathie est une théorie fondée sur la croyance que le corps va s'auto-guérir spontanément, pourvu qu'il soit placé dans un environnement 'sain'. Jusque-là rien de particulièrement choquant, sauf que la condition de l'environnement 'sain' permet au naturopathe d'expliquer pourquoi son malade ne guérit pas tout seul: il lui suffit d'invoquer l'existence d'un facteur malsain, connu ou pas. Bref, s'il guérit, c'est la preuve de l'efficacité de la naturopathie et s'il meurt, c'est la preuve qu'il y avait un facteur malsain. Pile je gagne et face tu perds !

Les naturopathes prétendent que les cancers, par exemple, sont dûs à un système immunitaire 'déprimé' (pourtant seuls des examens cliniques poussés, pratiqués par des médecins compétents peuvent déterminer si le système immunitaire d'un patient est déprimé). Outre que cette affirmation est parfaitement fausse: bien qu'ayant des causes multiples, certains cancers sont connus pour être d'origine génétique ou dûs à des oncogènes environnementaux et se produisent chez des sujets dont le système immunitaire est sans défaut. Inversement les personnes immunodéprimées ne produisent que rarement des cancers, et principalement des formes rares de ce type.

Références:
La naturopathie vue de plus près par le Dr Stephen Barrett.

La recherche scientifique a identifié des facteurs causaux mesurables et des méthodes spécifiques de prévention et/ou de traitement de centaines de problèmes de santé. Les naturopathes n'ont pas beaucoup plus que créer des généralités surperficielles tirées de ces facteurs. Les théories énoncées ci-dessus sont simplistes et/ou sont en désaccord avec les connaissances scientifiquement fondées en physiologie et pathologie. Par exemple :

. "Equilibre," "vitalité," et "harmonie avec l'organisme" sont des concepts vitalistes. Comme "santé optimum" ou "avantageant" l'organisme, ces concepts sont vagues et ne peuvent pas objectivement être mesurés ou évalués scientifiquement.

. Les maladies infectieuses qui surviennent dépendent du degré d'exposition au vecteur d'infection, de la virulence de ce vecteur et de la capacité de notre organisme à y résister. Un individu n'est pas obliqé d'être "intoxiqué" ou en "déséquilibre" pour devenir enrhumé.

. Certaines maladies sont un résultat d'un facteur héréditaire, d'autres non.

. Le concept général de traitement des maladies en "renforçant le système immunitaire" va à l'encontre du fait que dans certaines maladies, comme l'allergie ou maladies auto-immunes, le système immunitaire est en hyper-réactivité.

. Pour ce qui est du cancer, la notion suivant laquelle le cancer est un reflet d'une faiblesse du système immunitaire est fausse [6]. Si c'était vrai, les patients recevant des médicaments immunosuppresseurs comme traitement de l'arthrite ou pour la prévention de rejet d'organes transplantés, ou qui sont immuno-déficients à cause de maladies héréditaires ou du SIDA, seraient susceptibles de développer des cancers usuels. Au contraire, ils ont tendance à développer des cancers rares, comme le sarcome de Kaposi chez les sidéens [7]. L'affirmation des naturopathes, à l'effet que les "méthodes naturelles " peuvent traiter le cancer en renforçant le système immunitaire aussi est non fondée.

. Les naturopathes prétendent que le traitement médical précis est moins important que "maintenir un équilibre corporel."

Les naturopathes affirment que leurs méthodes "naturelles", lorsque utilisées de façon appropriée, ont rarement des effets secondaires parce qu'elles ne gênent pas les capacités inhérentes de l'individu de se guérir lui-même. Cette prétention est de la foutaise. Toute médication (remède ou herbe) assez puissante pour produire un effet thérapeutique est aussi assez puissante pour avoir des effets secondaires. Les médicaments ne devraient pas être employés (et n'auraient pas l'approbation de la FDA) à moins que le bénéfice probable ne soit plus grand de façon significative que les risques possibles. De plus, rarement les médicaments "nuisent au processus de guérison." L'allégation suivant laquelle les soins médicaux scientifiquement établis "éliminent ou suppriment seulement les symptômes" est absurde et pernicieuse.
Le plus gros des méthodes de traitement des naturopathes n'a pas été prouvé scientifiquement et certains traitements, comme l'homéopathie sont franchement inutiles. Dans biens des cas, les naturopathes ajoutent des conseils diététiques raisonnables (basés sur des méthodes prouvées médicalement) à des recommandations pour des produits sans valeur.


Escrocs ou marchands d'illusions avancent masqués du site www.prevensectes.com :

La bio-psycho-généalogie, l'énergothérapie, la naturopathie sont très à la mode. " Les gens poussent souvent sans le savoir la porte d'une secte, confie Sabine. J'ai laissé 4 500 € et des angoisses supplémentaires dans un stage sur l'énergie. " En dépit de la vigilance de la mairie pour la location des salles municipales, deux cents personnes ont applaudi, à l'Athénée, un partisan de la méthode Hammer, qui prétend soigner les maladies graves par la résolution des conflits psychologiques, sans l'apport des thérapies convention nelles. " Nous avons envoyé deux médecins observateurs à la conférence, précise Marie-Noëlle de la Roque, responsable de l'Adfi (Association de défense des familles et de l'individu) en Gironde. Ils y ont entendu les pires inepties médicales. Mais de telles organisations partent toujours de quelque chose de juste pour appâter leurs victimes. Il y a eu quatre morts en 2002. "
Un couple membre d'une secte devant les assises pour la mort de son bébé et
Mort d'un enfant : 6 ans de réclusion contre les parents membres d'une secte
Huit jours après la naissance de l'enfant, à Stodlen (Allemagne) en août 1995, les médecins avaient préconisé une opération au coeur, la malformation étant considérée comme accessible par les chirurgiens. Mais sa mère, inconditionnelle de la naturopathie, avait refusé. Les parents de Raphaël, qui comparaissent libres, avaient été écroués à la maison d'arrêt de Pau, où ils avaient effectué 18 mois de détention préventive, avant d'être remis en liberté.

Naturopahtie dans le Dictionnaire Sceptique (en anglais).
Psychothérapie Vigilance
Entre charlatanerie et dérive sectaire

Lectures conseillées:
Les charlatans de la santé, de Jean-Marie Abgrall, Documents Payot, ISBN : 2-22889-194-0.
Le sommeil de la raison, de Norbert Bensaid, Seuil, ISBN: 2-02010-089-4 .

Charlie Hebdo relaxé pour la critique d'une méthode de communication avec les autistes

Charlie Hebdo, qui avait qualifié la méthode dite de "communication facilitée", censée permettre de retranscrire les pensées des handicapés mentaux et notamment des autistes, de "grotesque charlatanerie", a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris, a-t-on appris lundi auprès du tribunal.
L'hebdomadaire était poursuivi par Anne-Marguerite Vexiau, qui a introduit en France cette méthode créée aux Etats-Unis.Selon le jugement rendu par la 17ème chambre du tribunal correctionnel, cette méthode "vise à retranscrire les pensées de personnes déficientes mentales, et principalement autistes, par le truchement d'un thérapeute muni d'un clavier alphabétique sur lequel le patient pianote, livrant ainsi des phrases qui sont présentées comme l'expression de ses pensées tues".
Dans un article publié le 17 décembre 2003, Charlie Hebdo s'indignait: "non seulement, c'est une grotesque charlatanerie mais, en plus, elle est remboursée par la sécurité sociale".Mme Vexiau estimait que l'article était diffamatoire à son égard, notamment parce qu'il lui imputait d'être l'animatrice d'un mouvement sectaire qui aurait manoeuvré pour obtenir un remboursement de sa méthode par la sécurité sociale.
Or le tribunal n'a relevé dans l'article de Charlie Hebdo aucun propos l'accusant de pratiques sectaires ou de tromperie au détriment de la sécurité sociale.Par ailleurs, le tribunal a considéré que l'hebdomadaire était libre de qualifier ainsi la méthode de Mme Vexiau, cette opinion n'étant qu'un "jugement de valeur, exprimé certes sans nuance, mais que le journaliste présente comme étant son point de vue".


L'autisme est l'une des nombreuses maladies qui déstabilisent les parents et les précipitent dans les bras des charlatans de tout poil. Les associations faisant la promotion de ces charlataneries exploitent ainsi la douleur et la détresse des familles frappées par le mal.

10 octobre 2005

Les IgNobels 2005

Les prix IgNobels (jeu de mots sur "ignobles" et "Nobels") ont été décernés comme chaque année à Harvard. Depuis 15 ans, ces prix récompensent les études scientifiques les plus loufoques, idiotes et inutiles.
Rappelons que Jacques Benvéniste en avait obtenu deux, pour sa "mémoire de l'eau" en 1991 et pour son transfert de médicaments par Internet en 1998.

06 octobre 2005

Le Dr Rath, ses vitamines et ses lucratives boutiques

Concernant le Dr Rath, le mieux est de laisser parler le web. Comme pour Le Ribault et son G5, il n'y a pas le moindre début de preuve de l'efficacité des mégadoses de vitamines sur des maladies comme le cancer, le SIDA ou les pathologies cardiaques.
Le Dr Rath, qui défend ses boutiques et contourne les lois en vendant via Internet, attaque tout ce qui bouge et conteste ses allégations infondées, glapissant "au complot pharmaceutique" et accusant les médecins et les groupes pharmaceutiques de "génocide".
Ces diffammations lui valent procès sur procès et nul doute qu'il finira dans les oubliettes de la charlatanerie, ce dont l'accusent tous ses détracteurs. Aucun des procès qu'il a intenté à ces derniers n'a jamais abouti.
Il lui a été consacré un dossier très complet en anglais dans le Dictionnaire Sceptique.

Statement from Harvard School of Public Health Researchers Regarding Misinterpretation of Findings on Vitamins and HIV/AIDS :
Boston, MA--Published statements in the United States and South Africa by
businessman Matthias Rath, whose company Matthias Rath Inc. sells vitamin
formulas, state that antiretroviral therapy (ART) "severely damage[s] all
cells in the body--including white blood cells--thereby not improving but rather
worsening immune deficiencies and expanding the AIDS epidemic." These statements
promote vitamins as superior to ART in the treatment of HIV/AIDS. Rath has
attempted to support his claims with findings from Harvard School of Public
Health research in Tanzania. We condemn these irresponsible and misleading
statements as in our view they deliberately misinterpret findings from our
studies to advocate against the scale up of antiretroviral therapy.


Les auteurs de l'étude mentionnée par Rath, en support de ses allégations charlatanesques, sont démenties formellement par les propres auteurs de l'étude en question.

Autres références:

South Africa: UNAIDS Lambastes Vitamin 'Charlatans' :

Anyone who claims vitamins can cure or treat HIV/AIDS is a "charlatan", UNAIDS executive director Peter Piot told a press conference in Johannesburg, South Africa, on Wednesday.
Reacting to questions about vitamins proponent Matthias Rath, Piot said it was unfortunate that there would always be people who tried to make money out of the misery and suffering of others.
"Recommending vitamins as a treatment for HIV/AIDS is not only confusing, but is going to kill people ... We are very disturbed that this kind of commercial exploitation of the impact of HIV/AIDS is made," Piot remarked.


TAC dénonce les mensonges et la fausse science sur le sida:

Treatment Action Campaign a exprimé sa colère envers un richissime fabricant de vitamines, Matthias Rath qui mène une campagne mensongère sur le traitement du sida.
Ce fabricant de vitamines fait campagne dans plusieurs journaux pour la promotion de ces vitamines qui, prises en grande quantité, seraient le meilleur traitement contre le VIH/sida. Cette campagne est accompagnée de propos diffamatoires envers les scientifiques qui préconisent la prise d’antirétroviraux pour lutter contre la maladie, et ceux qui font campagne pour l’accès à ces médicaments, en particulier TAC
Alors que le gouvernement reconnaît que plus de 500 000 personnes ont besoin de ces médicaments, qu’il a adopté un plan global de lutte contre la maladie et qu’il vient d’annoncer qu’il allait dépenser plus de 3 milliards de rands pour l’achat de ces médicaments et leur distribution dans les centres publics de santé, la campagne de ce charlatan sape les efforts du gouvernement et sème la confusion dans l’opinion publique.



Le Dr Mattias Rath vend des préparations controversées :

Alors que les scientifiques auraient aimé recevoir quelque preuve que des produits naturels pourraient retarder les attaques cardiaques ou le cancer d'un an ou deux, Rath promet des résultats presque magiques de ses préparations: "sa percée médicale" "a déjà sauvé les vies de milliers de patients", dit-il: "les crises cardiaques seront pratiquement inconnues des générations futures".
Il n'existe pas d'études en donnant la preuve. Roth Grossklaus, directeur de BgVV poursuivi par Rath, croit donc que les promesses du docteur sont risquées: "Si des gens ayant des maladies de coeur croient pouvoir se passer de leur médication en se fondant sur les promesses de Rath, leur foi pourrait fort bien leur retomber dessus."
Voir également:
Vitamin profiteer and AIDS-denialist misleading South Africans, says WHO/UN
AIDS Activists Go After Vitamin Salesman
United Nations Slams AIDS "Dissident" for Attack on Antiretroviral Drugs
U.N. slams AIDS 'dissident' for attack on drugs
South African Activists Take On AIDS "Dissident
Court case shines spotlight on South African AIDS policy
Misleading salesman endorses vitamins to treat HIV/AIDS

05 octobre 2005

Ouverture du "procès des plantes chinoises" d'Arkopharma à Nice

NICE (AFP) - Le procès de l'ex-PDG du groupe de phytothérapie Arkopharma et d'un pharmacien niçois poursuivis après le décès, en 2000 et 2001, de deux femmes ayant absorbé des produits à base de plantes chinoises dans le cadre de régimes amaigrissants, a débuté mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice.Max Rombi, 75 ans, ancien PDG de la société française basée à Carros (Alpes-Maritimes), et Jean-Paul Gallon, 64 ans, pharmacien, sont mis en examen depuis septembre 2002 pour homicides involontaires.


Rappelons que 75% des médicaments sont à base de molécules trouvées à l'origine dans des plantes. La phytothérapie n'est donc pas une médecine plus 'douce' que la médecine scientifique n'est 'dure'. Ca n'empêchera pas certains groupes, plus intéressés par l'argent que par la bonne santé de leurs clients, d'abuser de cette étiquette charlatanesque de "médecine douce". Et rappelons que tout bon médicament peut aussi avoir des effets secondaires. Ceux qui n'en ont pas n'ont pas d'effet primaire non plus.

Nobel de Médecine

Barry J. Marshall et J. Robin Warren ont obtenu le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur H. Pylori. Grâce à ces deux chercheurs, cette bactérie est maintenant reconnue comme la principale responsable des ulcères de la muqueuse gastrique. Auparavant, ces ulcères étaient considérés par la pseudoscience ambiante comme psychosomatique et les patients fasaient l'objet, dans le meilleur des cas, d'un traitement des symptômes, lorsqu'on ne leur proposait pas des remèdes de charlatans totalement inefficaces. Aujourd'hui encore, des associations de type sectaire proposent des médecines soi-disant 'naturelles' et ne remettent pas en cause la théorie psychosomatique des ulcères, alors que les découvertes des deux prix Nobel datent de 1983.
Aujourd'hui, grâce à ces recherches, H. Pylori est éliminée par un traitement antibiotique et les ulcères qu'elle cause sont éliminés définitivement en quelques mois.
Mashall et Warren méritent donc un deuxième prix pour avoir pulvérisé une croyance fausse.

04 octobre 2005

Deux millions d'enfants par an meurent de maladies évitables par les vaccins

LYON (AFP) - Deux millions d'enfants, au sein des pays en voie de développement, meurent chaque année de maladies qui auraient pu être évitées par la vaccination, a souligné mardi un responsable de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l'occasion du 7ème congrès mondial sur les vaccins à Lyon. Dix millions d'enfants meurent chaque année dans le monde et parmi eux deux millions décèdent de maladies telles que la rougeole, la polio, le tétanos ou la coqueluche, selon l'OMS. Quelque 27 millions d'enfants ne sont pas correctement vaccinés."
Les vaccins existent mais ne sont pas distribués là où il faut pour des raisons d'ordre financier", a déploré le directeur du programme de vaccination de l'OMS, Jean-Marie Okwo-Bélé, lors d'un point presse.
Le responsable s'est félicité de l'annonce en septembre d'un nouveau mécanisme de financement mis en place par cinq pays (France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne et Suède) qui se sont engagés à fournir 3,2 milliards de dollars pour la vaccination des enfants dans les 75 pays les plus pauvres du monde.
"C'est un grand succès mais ce n'est toujours pas suffisant. Les besoins sont énormes", a estimé Julian Lob-Levyt, secrétaire exécutif de l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation (GAVI), une ONG financée par des donateurs privés - notamment la Fondation Bill et Melinda Gates - et une dizaine de gouvernements.
Le directeur du programme d'immunisation de l'ONG PATH, spécialisée dans le développement de nouveaux vaccins, John Wecker, s'est lui félicité des "progrès" sur des maladies comme l'encéphalite japonaise, qui tue quelque 10.000 enfants chaque année en Asie, ou le rotavirus, provoquant la diarrhée.
Concernant le paludisme, l'une des premières causes de mortalité des enfants, il a estimé qu'il était prématuré de donner une estimation quant à la date d'une mise sur le marché d'un éventuel vaccin, pour lesquels des tests sont actuellement menés au Mozambique.


Et il ne s'agit 'que' des enfants. Un nombre non négligeable d'adultes meurt aussi de maladies évitables par des vaccins. Les affirmations infondées des associations anti-vaccinations permet à ce génocide de se propager.

27 septembre 2005

Faut-il vacciner les enfants contre l'hépatite A ?

Deux études, l'une américaine et l'autre israélienne, ont prouvé l'efficacité d'une telle initiative. En France, la vaccination n'est recommandée qu'aux enfants qui présentent un risque particulier de contracter la maladie.
"L'efficacité du vaccin contre l'hépatite A est désormais bien établie" a expliqué le Dr Chitra Arumugan du Centre for Infections britannique, dans le bulletin Eurosurveillance. Cinq vaccins sont aujourd'hui disponibles pour les enfants de plus d'un an, les principaux facteurs de dissémination de la maladie.
Outre-Atlantique, une campagne massive de vaccination des 2 - 18 ans aurait permis d'obtenir une baisse de 76% du nombre de cas d'hépatite A. Ces derniers seraient ainsi passés de 10,7 cas/100 000 en 1997, à 2,6/100 000 six ans plus tard. En Israël - la maladie est très présente au Moyen Orient - la vaccination de tous les enfants de 18 à 24 mois aurait fait chuter les chiffres de... 95% en trois ans !
"Ces études montrent que le fait de vacciner l'ensemble des jeunes enfants fait effectivement baisser l'incidence (de l'hépatite A)" concluent les auteurs. Alors devons-nous, en France, faire vacciner nos enfants ? Pas obligatoirement, car la maladie est rare sous nos latitudes. En revanche, les enfants à risque - traités par des produits dérivés du sang ou porteurs d'affections hépatiques - doivent être vaccinés. Idem pour les voyageurs à destination des régions à risque que sont le Moyen-Orient, le Sud-Est asiatique, l'Amérique Centrale et du Sud... mais aussi le Sud et l'Est européen.
Rappelons que la transmission du virus de l'hépatite A s'effectue par ingestion d'aliments contaminés, notamment par les selles de malades eux-mêmes porteurs du virus. D'où les risques observés dans toutes les régions où l'assainissement des eaux laisse à désirer. Après une incubation de 18 à 40 jours, l'hépatite A se manifeste par un état fébrile voire un ictère, que l'on appelle également jaunisse. Le patient guérit généralement en deux à trois semaines, mais conserve un état de grande fatigabilité pendant des mois.


Encore une occasion de souligner l'efficacité incontestable des vaccins dans l'éradication totale ou quasi-totale de maladies parfois très graves. Une fois de plus, un démenti formel est asséné aux dangereux adeptes de l'anti-vaccination.

26 septembre 2005

Loïc Le Ribault et le silicium organique (alias G5)

Loïc Le Ribault est certainement un personnage. Considéré comme l'inventeur de la police scientifique, il fait faillite dans les années 90 et se lance alors dans la production de produits miracles, capables de "stimuler le système immunitaire" avec, on s'en doute, la capacité de guérir ou d'aider dans le traitement du cancer, du SIDA et en général toute maladie virale ou bactérienne. C'est dire si ses applications médicales sont multiples.
Tout naturellement, s'étant mis à vendre sa mixture par Internet depuis l'Irlande à raison de 37€ la bouteille et 14.000 bouteilles par mois, Le Ribault s'est retrouvé accusé et condamné pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie. Ce qui ne l'empêche pas de menacer de procès en diffammation ceux qui oseraient douter de l'efficacité de son produit miracle.
Le problème pour Le Ribault est qu'il n'existe aucun essai clinique publié dans un journal scientifique sérieux attestant de l'efficacité de son produit pour aucune pathologie, ce qui nuit grandement à ses prétentions. De ce point de vue, il n'y a aucune différence entre lui et un charlatan vantant les mérites de son élixir miracle.
Soutenu par de nombreuses associations pseudo-scientifiques -- Le Ribault est membre du comité "scientifique" de l'association AMESSI qui fait sa publicité pour vendre le G5 à 45€/l, il n'existe toujours aucun test de cette molécule miracle et donc pas la moindre preuve concrète de son efficacité, mis à part quelques témoignages de foi de patients guéris miraculeusement, tels qu'on en voit à Lourdes.
Connu pour ses relations avec l'extrême-droite des Landes, les adeptes du G5 présentent Le Ribault en victime du pouvoir politique. Lui-même se présente comme victime de la mafia médico-pharmaceutique, qui nous abreuverait de produits nocifs pour perpétuer leur fond de commerce (une accusation très grave).
Le Ribault n'est pas le seul à proposer du "silicium organique" mais ces braves gens se tirent copieusement dans les pattes, se traitant d'escrocs, de charlatans, de parasites, etc. (sans rire !) avec la bienveillante aide de la présidente de l'association AMESSI, Laure Pouliquen. Il faut voir que des intérêts commerciaux sont en oeuvre, des boutiques membres d'AMESSI vendant le produit de Le Ribault à 45€/l alors que d'autres vendent un produit à dénomination similaire à 38€/l. Les marges sont supérieures à 50%, ce qui représente des profits considérables, et l'on comprend aisément la facilité avec laquelle ces gens qualifient les autres de noms d'oiseaux.
Références:
CV de LLR d'où l'on tire cette phrase révélatrice "Loïc Le Ribault a reçu, par inspiration d'un maître ascensionné, la formule qui emploie la dimension vibratoire de cette transformation alchimique cellulaire." On se demande si Le Ribault approuverait cette description qui le travestit en charlatan pur sucre.
Article de Libération (payant), où Le Ribault est cité et où il admet, à son procès, ne pas avoir mené les études nécessaires pour établir l'efficacité de son produit "parce que ça coûte cher", contrairement à ce que ses adeptes (et lui-même en privé) affirment.
Brevet européen et américain du "silicium organique". Le brevet européen n'aurait pas été renouvelé.
Extrait (supposé) de l'Express du 11/9/2003 indiquant le gros chiffre d'affaires réalisé par Loïc Le Ribault sur le G5 et qui indique que "Depuis [2001], il multiplie les escapades sur les plages d’Antigua, aux Caraïbes, paradis fiscal où le G 5 est enregistré comme médicament."
Page d'une boutique vendant le G5 en France, montrant son prix exorbitant, notamment sous la forme de gel (de 240€/l à 116€/l selon le conditionnement) et sous forme liquide (38€/l), pour ce que la procureure du procès de Le Ribault aurait décrit comme "un grain de sable dans de la flotte".
Il a été impossible de trouver le compte-rendu d'étude clinique de l'Institut SIR International, institut qui aurait disparu en 1993. Malgré les affirmations des uns et des autres parlant de plusieurs tests d'efficacité, on ne trouve la trace hypothétique que d'un seul. De même on ne trouve trace que d'un seul test d'innocuité, toujours aussi hypothétique. Une recherche sur les bases de données des tests cliniques ne donne aucun résultat. De même, les moteurs de recherches scientifiques ne retournent que les liens concernant les brevets. du G5, sans aucune trace d'essai clinique ou de test d'innocuité.
Un des arguments avancés par les adeptes d'AMESSI est qu'aucun des 'patients' du G5 ne s'est jamais plaint, mais comme le disait un humoriste anglais ce n'est pas parce que personne ne se plaint que tous les parachutes fonctionnent bien.

13 septembre 2005

Le véritable effet placebo

(ASP) - L'effet placebo n'est pas purement psycho-somatique: il se passe bel et bien quelque chose dans le cerveau. Quelque chose de mesurable.

Et ce quelque chose, c'est une production accrue d'endorphines, un composé chimique qui, dans le cerveau, sert à atténuer la douleur. Davantage d'endorphines, moins de douleur, et le patient croit du coup que la pilule est efficace: du moins, c'est ce qui se passe chez certains des patients qui avalent un placebo, c'est-à-dire une pilule qu'ils croient efficace alors qu'elle ne contient rien.

L'effet placebo est bien connu des médecins depuis des décennies: en fait, il est une des bases de la recherche médicale. Nombre de pilules prometteuses testées sur des patients potentiels se sont retrouvées avec des taux d'efficacité à peine supérieurs aux placebos –et ainsi, n'ont jamais été commercialisées, au grand dam des compagnies pharmaceutiques.

Mais qu'est-ce exactement que l'effet placebo? Ne sachant trop comment le qualifier, on l'a catégorisé comme quelque chose de psychologique: le patient se sent mieux parce qu'il a eu confiance en l'efficacité de cette "pilule". L'explication est juste, mais un peu courte. Concrètement, physiologiquement, pourquoi se sent-il mieux?

La réponse commence à se dessiner depuis quelques années. Une équipe de l'Université du Michigan à Ann Arbor vient de confirmer l'hypothèse la plus solide, celle de la production d'endorphines. Quatorze hommes dans la vingtaine ont testé ce qu'ils croyaient être un médicament anti-douleur pendant que, à leur insu, une infusion qu'ils croyaient faire partie du traitement était ajustée pour maintenir leur douleur à un niveau constant. Une tomographie des cerveaux a révélé la production accrue d'endorphines chez ceux qui avaient reçu le placebo et qui affirmaient que la douleur était atténuée.


Ceci explique de façpn scientifique le succès des pseudo-médecines dans le domaine du soulagement de la douleur. Evidemment, les véritables médicaments anti-douleur font mieux que le placebo. Tout véritable médicament doit d'ailleurs faire la preuve d'une efficacité supérieure au placebo pour obtenir son AMM, dans des études scientifiques dites en "double-aveugle contre placebo".

12 septembre 2005

Faut-il être un prix Nobel pour critiquer un prix Nobel ?

Il est toujours délicat de critiquer une personne qui a reçu des distinctions aussi prestigieuses qu'un prix Nobel. Cependant, il est clair qu'un prix Nobel de physique n'est pas forcément plus compétent en médecine que l'homme de la rue, et probablement moins qu'une personne qui aurait une bonne formation dans le domaine, comme un médecin généraliste.
Ainsi, lorsqu'un prix Nobel dont la spécialité n'est pas médecine fait une affirmation dans le domaine médical, il peut tout autant se tromper que n'importe qui. Ainsi, nous avons Linus Pauling (Nobel de Chimie et de la Paix) et ses affirmations sur la vitamine C, contredites aujourd'hui par de nombreuses études cliniques menées scientifiquement. De même, rien n'oblige à croire les déclarations fracassantes d'un Loïc Le Ribault (il n'est pas prix Nobel, loin de là, mais si on l'écoutait, celà prouverait l'existence d'un sombre complot des sbires de l'industrie médico-pharmaceutique et des politiciens anti-FN) sur son "produit miracle", le G5, et ce ne sont pas les témoignages de foi de guérisons miraculeuses qui peuvent faire pencher la balance du bon côté: il en existe pour tous les "produits miracles" y compris pour les pèlerinages à Lourdes.
Plusieurs prix Nobel se sont singularisés avec leurs croyances curieuses. Signalons ainsi Brian Josephson (Nobel de Physique) et ses croyances aux phénomènes paranormaux, malgré plusieurs décennies d'essais ratés. Plus récemment, Wangari Maathai (Nobel de la Paix) et ses théories du complot concernant le SIDA, qui aurait été le fruit d'une propagation délibérée visant anéantir les Africains. Egalement notoires sont les errements racistes et eugénistes de William Shockley (co-inventeur du transistor et Nobel de Physique). Heureusement, l'intelligence des Nobel en préserve une grande partie de ces croyances ridicules. Mais ce n'est qu'une statistique.
Certaines de ces idées sont particulièrement dangereuses, en ce qu'elles entraînent un retard de prise en charge de pathologies graves chez les malades abusés, retard pouvant causer la mort anticipée des malades en question. Parmi ces idées dangereuses, il y a celles des adeptes de l'anti-vaccination et celles des charlatans qui proposent des thérapies 'miracles' à prix d'or.
D'un point de vue du discours logique, l'appel à l'autorité d'un prix Nobel en dehors de son domaine de compétence est un sophisme pur et simple, que les adeptes des médecines dites 'douces', comme ceux de l'association AMESSI, n'hésitent pas à utiliser pour essayer de convaincre leur auditoire, ou plutôt leurs clients.

JP Petit, les ET, les OVNIs et les Letttres Ummites

Jean-Pierre Petit est un scientifique atypique. Tel Benvéniste, ses compétences sont indéniables et sa carrière en témoigne. Et puis, à côté du scientifique reconnu, il y a l'aspect farfelu: théoricien du complot, accroc des OVNIs, des agroglyphes (ces signes géométriques soi-disant laissés par les extra-terrestres dans les champs cultivés) et des tristement célèbres "lettres Ummites".
Si peu de scientifiques doutent de l'existence de la vie extra-terrestre, affirmer que nous avons été visités par des ET intelligents qui sont repartis sans nous dire bonjour, mais en laissant des signes dans les champs de blé paraît largement irréaliste. De même il paraît douteux que ce soit les effets d'armes secrètes, pas très discrètes.
Les "lettres Ummites" sont des lettres qui auraient été écrites par des ET. Jean-Pierre Petit les ayant analysées, il prétend qu'elles révèlent des connaissances techniques très évoluées etc onfirme ainsi leur authenticité. Malheureusement, il n'arrive à en convaincre qu'une suite d'illuminés et se discrédite largement dans son milieu professionnel de ce fait.
On ne peut que lui souhaiter une fin moins cruelle que celle de Benvéniste.

Références:
UMMO : Ne soyez plus le dindon de la farce ummite !
Article de Wikipedia

Benveniste et la mémoire de l'eau

Benvéniste est lui aussi un scientifique atypique. Après des débuts que l'on peut qualifier de brillants, arrive l'époque de la "mémoire de l'eau". Malheureusement pour Benvéniste, après la publication de son article dans le prestigieux journal scientifique Nature, une contre-enquête menée par le directeur du journal et un illusionniste pourfendeur des phénomènes prétendument paranormaux, James Randi, détecte de nombreuses failles dans les protocoles expérimentaux. Le directeur du journal publiera ses regrets d'avoir publié l'article.
A partir de là, Benvéniste se marginalisera dans la communauté scientifique et il sera conduit à faire des affirmations de plus en plus extraordinaires. La "mémoire de l'eau" sera acclamée par les vendeurs de préparations homéopathiques comme l'explication favorite du fonctionnement de leurs préparations, étant admis que la plupart d'entre elles ne contient pas la moindre molécule du produit 'actif' d'origine. Ce serait donc l'eau qui "garderait la mémoire" du produit qui y était dissous. Benvéniste va encore plus loin et prétend même pouvoir mémoriser sur support informatique les 'vibrations' qui traduiraient cette mystérieuse mémoire. A l'inverse, il serait possible d'inscrire cet enregistrement informatique sur une eau 'vierge' pour lui transmettre les propriétés du produit d'origine. La transmission des médicaments par Internet était née ! Cette transmission, annoncée triomphalement comme toute proche par la société Digibio de Benvéniste en 1999, nous l'attendons toujours.
Mais cette fuite en avant est accompagnée par un isolement toujours plus grand de Benvéniste. Une scientifique, Margaret Ennis, prétend avoir reproduit les résultats de Benvéniste, selon ses protocoles expérimentaux. Le programme de la BBC Horizon organise alors un essai, avec l'aide de James Randi pour sécuriser les protocoles. Le résultat est sans appel: la "mémoire de l'eau" ne se manifeste plus lorsque les protocoles sont véritablement en double aveugle.
L'homéopathie repart une fois de plus sans théorie tenant scientifiquement la route ni essai clinique emportant l'adhésion de la communauté médicale et Benvéniste termine sa carrière puis sa vie sur cet échec notoire. Des brevets refusés par l'Office Européen et de prétendues études aux Etats-Unis, à Stanford, dont personne n'entendra plus parler complèteront la saga de la "mémoire de l'eau".
L'histoire s'arrêterait là si les inévitables charlatans de la médecine 'alternative' ne s'étaient pas emparés de la "mémoire de l'eau" pour faire mieux passer leurs propres prétentions médicales et l'absence de tout essai clinique pour les soutenir. On en trouvera de nombreux au sein de l'association AMESSI, au premier rang desquels les adeptes de l'homéopathie, témoignant de leur guérison miraculeuse tels des paralytiques en pèlerinage à Lourdes. Les scientifiques rejettent de tels témoignages de foi parce que l'existence de guérisons spontanées et de l'effet placebo font qu'une préparation neutre peut toujours avoir un effet positif. Comme on n'entend jamais les gens qui n'ont pas été guéris, reste ceux qui clament les résultats bénéfiques et donnent l'impression d'un médicament miracle. 10000 témoignages de foi ne valent pas plus un essai clinique que 10000 fois zéro ne fait un.
Références:
La mémoire de l'eau et L'homéopathie, de l'excellent site charlatans.info
Rien de rien du site pseudo-medecines.org.
Homeowatch, site de Stephen Barrett, M.D.

09 septembre 2005

Homéopathie

L'homéopathie, inventée de toutes pièces par Samuel Hahnemann il y a maintenant plus de deux siècles est une de ces pseudo-médecines qui a survécu à 150 ans de tests cliniques contredisant l'existence d'un effet quelconque.
Récemment, l'Académie de Médecine s'est fendue d'un texte en critiquant les bases et les résultats et demandant le déremboursement des préparations homéopathiques. Le Lancet a fait très récemment une revue des études scientifiques sur l'homéopathie et conclu à l'absence d'effet supérieur au placebo. Il est clair que les principes homéopathiques sont tout sauf scientifiques et que leur vérification expérimentale souffre d'un grave problème: plus l'étude est scientifiquement menée (avec les critères de double aveugle contre placebo, de groupe de contrôle, de taille des groupes de sujets, etc.), plus le supposé effet se dillue, voire disparaît totalement pour devenir égal à l'effet placebo. Aucune de ces études scientifiquement propres n'atteint un résultat significatif pour toutes les indications classiques des préparations homéopathiques (généralement des maladies bénignes).
Certains illuminés affirmeront que les enfants, les animaux et même les plantes sont influencées par l'homéopathie, mais jamais la moindre étude scientifique n'est venue appuyer ces dires.
Certains groupes sceptiques se sont lancés dans l'action spectaculaire, en médiatisant des "suicides homéopathiques", qui consistent à avaler des fortes doses de préparations homéopathiques à base de poisons comme l'arsenic par exemple. Effet nul, bien sûr, puisque les doses de poison sont infinitésimales. Ceci contredit pleinement le dogme homéopathique comme quoi la dillution "dynamiserait" la préparation.
Avec le déremboursement progressif, on peut espérer que les gens se détourneront de ces préparations dont le ratio effet/prix est toujours nul. En ces temps d'économie, nous n'aurons peut-être pas à attendre trop longtemps.
Références:

07 septembre 2005

Le Plasma de Quinton

Les plasma de Quinton est en fait de l'eau de mer dont on a retiré du sel, ou de l'eau douce dans laquelle on en a rajouté. Plus connu sous le nom de sérum physiologique, ses propriétés et applications (presque équivalentes à celles du plasma sanguin et en dermatologie) sont très connues.
Les militants de nombreuses pseudo-thérapies, comme ceux de l'association AMESSI, ont repris ce produit très inoffensif pour en faire un produit magique guérissant ou traitant le cancer, le SIDA et autres affections, quitte à faire passer le brave Dr René Quinton (1866-1925) pour un charlatan. A l'époque de sa découverte, en 1904, la médecine était encore dans l'ère pré-scientifique (Pasteur était mort neuf ans auparavant) et les tests de médicaments ainsi que les outils mathématiques nécessaires n'étaient pas encore en vigueur dans le domaine.
Comme il est bien évident, le plasma de Quinton n'apporte rien aux traitements contre le cancer ou le SIDA, et il convient de se méfier de ceux qui le présentent comme un médicament miracle soignant toutes sortes d'affections. Le plus grand risque associé est un retard de la prise en charge des malades par les docteurs.

Le côté sombre de l'héritage de Linus Pauling

Stephen Barrett, M.D.

Linus Pauling, Ph.D., était la seule personne à gagner le prix Nobel non ex aequo à deux reprises. Il s'est mérité ces prix pour la chimie en 1954 et pour la paix en 1962. Son décès récent a stimulé plusieurs hommages pour ses accomplissements scientifiques. Son impact sur la santé, toutefois, a été une autre chose.
Pauling est largement responsable de la fausse idée répandue que des doses élevées de vitamine C sont efficaces contre les rhumes et autres maladies. En 1968, il a postulé que les besoins de la population pour des vitamines et d'autres nutritifs varient beaucoup et que pour demeurer en bonne santé, beaucoup de gens ont besoin de nutritifs en plus grande doses que celles recommandées par les RDA (Recommended Dietary Allowances). Il a aussi spéculé sur l'idée que des mégadoses de certaines vitamines et minéraux seraient le traitement de choix de certaines maladies mentales. Il a appelé cette approche "orthomoléculaire," signifiant la "véritable molécule." Par la suite, il a étendu la liste des maladies qu'il croyait influençables par la thérapie "orthoméléculaire" et le nombre de nutritifs indiqués pour chacune. Aucun scientifique médical ou de la nutrition responsable a partagé ses idées.
La vitamine C et le rhume banal
En 1970, Pauling annonça dans Vitamin C and the Common Cold que prendre 1,000 mg de vitamine C par jour va réduire l'incidence des rhumes par 45% pour la plupart des gens mais pour certaines personnes des plus grandes quantités sont nécessaires. (La RDA pour la vitamine C est 60 mg.) La révision 1976 de son livre, ré-intitulé Vitamin C, the Common Cold and the Flu, suggérait des doses encore plus élevées. Un troisième livre, Vitamin C and Cancer (1979) maintient que des doses élevées de vitamine C peuvent être efficaces contre le cancer. Et encore un autre livre, How to Feel Better and Live Longer (1986), déclarait que des mégadoses de vitamines "peuvent améliorer votre santé . . . pour mieux jouir de la vie et aider à contrôler la maladie cardiaque, le cancer, et d'autres maladies et en diminuant le processus de vieillissement."
Pauling lui-même apparemment prenait au moins 12,000 mg de vitamine C par jour et augmenta la dose à 40,000 mg s'il commençait un rhume. En 1993, suite au traitement de radiothérapie pour cancer de la prostate qu'il avait, Pauling aurait dit que la vitamine C retardait le début du cancer pendant 20 ans. Cela n'était pas une déclaration évaluable. Il est mort de la maladie en août 1994 à l'âge de 93 ans.
Un fait scientifique est établi quant la même expérience est reproduite à plusieurs reprises avec les mêmes résultats. Pour évaluer l'effet de la vitamine C sur les rhumes, il est nécessaire de comparer des groupes qui reçoivent la vitamine à des groupes qui reçoivent un placebo (un comprimé qui est identique mais qui ne contient rien). Puisque le rhume banal est une condition très variable, une étude doit comporter une évaluation d'un grand nombre de personnes sur des longues périodes. Au moins 16 études , bien structurées, à double-insu, ont démontré que la supplémentation avec la vitamine C ne prévient pas les rhumes et peut possiblement diminuer les symptômes légèrement. La réduction légère de symptômes peut aussi être le résultat d'un effet quasi-antihistaminique, mais si cela a une valeur pratique est discutable. Les idées de Pauling sont basées sur les mêmes études considérées par les scientifiques, mais ses analyses sont erronées.
Les plus grandes études cliniques, portant sur des milliers de volontaires, ont été entreprises par le docteur Terence Anderson, professeur d'épidémiologie de l'Université de Toronto. Dans l'ensemble, ses études suggèrent que l'effet de vitamine C en surplus pourrait légèrement réduire l'intensité des rhumes, mais il n'est pas nécessaire de prendre les doses élevées suggérées par Pauling pour obtenir ce résultat. Il n'y a rien à gagner en prenant les suppléments de vitamine C à l'année longue dans le but de prévenir les rhumes.
Une autre étude importante a été rapportée en 1975 par des scientifiques du National Institutes of Health qui ont comparé des comprimés de vitamine C avec un placebo avant et durant les rhumes. Malgré que l'expérience était supposée être à double-insu, la moitié des sujets pouvait deviner quel comprimé était lequel. Quand les résultats ont été calculés avec tous les sujets ensemble, ceux qui ont pris la vitamine C rapportèrent moins de rhumes par personne sur une période de 9 mois. Mais pour la moitié qui n'ont pas pu deviner quel comprimé était la vitamine C et quel était le placebo, il n'y avait pas de différence dans les deux groupes. Cela illustre comment les gens qui pensent faire quelque chose d'efficace (comme prendre une vitamine) peuvent rapporter des résultats favorables même quand aucun existe.
La vitamine C et le cancer
En 1976, Pauling et le docteur Ewan Cameron, un médecin écossais, ont rapporté que la majorité des cent patients atteints de cancer "terminal" traités avec 10,000 mg de vitamine C par jour ont survécu trois à quatre fois plus longtemps que des patients semblables qui n'ont pas pris de suppléments de vitamine C. Cependant, le docteur William DeWys, directeur des investigations cliniques au National Cancer Institute, a trouvé que l'étude a été pauvrement structurée parce que les groupes de patients n'étaient pas comparables. Les patients recevant la vitamine C étaient les patients de Cameron, tandis que les autres patients étaient sous les soins d'autres médecins. Les patients de Cameron ont commencé à prendre la vitamine C quand il les a étiquetés "non-traitables," par d'autres méthodes, et leur survie consécutive a été comparée à la survie des patients "contrôles" après qu'ils aient été étiquetés non-traitables par leurs médecins. DeWys a conclu que si les deux groupes étaient comparables, la durée de temps à partir de leur hospitalisation jusqu'à l'étiquette non-traitable aurait dû être la même dans les deux groupes. Toutefois, il a trouvé que les patients de Cameron étaient étiquetés non-traitables beaucoup plus tôt dans l'évolution de la maladie -- ce qui signifie qu'ils ont été hospitalisés avant qu'ils soient aussi malades que les patients des autres médecins et naturellement vivraient plus longtemps.
Malgré tout ça, pour évaluer si Pauling aurait raison, la Clinique Mayo a entrepris trois études à double-insu portant sur un total de 367 patients avec cancer avancé. Les études, rapportées en 1979, 1983, et 1985, ont démontré que les patients ayant reçu 10 000 mg de vitamine C par jour n'ont pas eu d'effet bénéfique plus que ceux qui ont reçu le placebo. Pauling a critiqué la première étude, déclarant que les agents utilisés dans le traitement de la chimiothérapie auraient pu avoir un effet négatif sur le système immunitaire des patients empêchant l'effet bénéfique de la vitamine C. Mais son rapport de 1976 sur le travail de Cameron dit clairement que: "Tous les patients sont traités initialement de façon très conventionnelle, par la chirurgie, la radiothérapie, et l'administration d'hormones et de substances cytotoxiques." Et durant une conférence subséquente à l'Université d'Arizona, il aurait dit que la thérapie avec la vitamine C pourrait être utilisée en plus des modalités conventionnelles de traitement. Les participants dans l'étude de 1983 n'avaient pas subi de traitements conventionnels, mais Pauling a nié les conclusions quand même.
Mettant la science de côté, il est clair que Pauling était politiquement enligné avec les promoteurs de pratiques nutritionnelles non-scientifiques. Il a dit que son intérêt initial dans la vitamine C était stimulé par une lettre du biochimiste Irwin Stone, avec qui il a subséquemment travaillé de près. Malgré que Stone a souvent été appelé "Dr. Stone," ses pièces d'identité n'étaient qu'un certificat montrant qu'il a complété un programme de chimie de deux ans, un degré honorifique de chiropratique du Los Angeles College of Chiropractic, et un "Ph.D." de Donsbach University, une école par correspondance non-accréditée.
Dans un chapitre peu annoncé de Vitamin C and the Common Cold, Pauling attaqua l'industrie des aliments naturels d'avoir mal informé leurs clients. Soulignant que la vitamine C "synthétique" est identique à la vitamine C "naturelle," il a signalé que les produits "naturels" plus dispendieux étaient du "gaspillage d'argent." Et il ajouta que "les mots 'cultivé organiquement' étaient essentiellement faux -- faisant seulement partie du jargon utilisé par les promoteurs d'aliments naturels pour faire des profits exagérés, souvent de personnes âgées avec des revenus bas." Mais le livre Vitamin C, the Common Cold and the Flu, lancé six ans plus tard, ne contenait pas ces critiques. Cette omission n'était pas accidentelle. En réponse à une lettre, Pauling m'a informé que, suite à la publication de son premier livre, il était "très attaqué par les gens qui s'en prenait aux promoteurs d'aliments naturels." Ses critique étaient si "biaisées," qu'il a décidé qu'il ne les laissait plus attaquer l'industrie des aliments naturels pendant qu'une autre partie de leurs attaques étaient dirigées envers lui.
Le Linus Pauling Institute of Medicine, fondé en 1973, est consacré à la médecine "orthomoléculaire." Plusieurs dépliants des campagnes de collecte de fonds de l'institut contenaient des renseignements douteux. Ils ont maintenu faussement, par exemple, qu'aucun progrès n'a été fait dans le traitement du cancer dans les dernières vingt années. Cette déclaration, qui est souvent exprimée par les promoteurs de thérapies de cancer non-prouvées, est tout à fait fausse. La corporation qui contribue financièrement le plus à l'institut est la maison Hoffmann-La Roche, le géant pharmaceutique qui produit le plus de vitamine C dans le monde.
Autres activités douteuses
Une dispute entre Pauling et Arthur Robinson, Ph.D., contribue au fait que sa défense des mégadoses de vitamine C n'était pas tout à fait honnête. Robinson, un ancien élève et associé de Pauling pendant longtemps, a aidé à fonder l'institut et était son premier président. Selon un rapport d'une investigation par James Lowell, Ph.D., dans le bulletin Nutrition, une recherche de Robinson lui a fait conclure en 1978 que des doses élevées (5 à 10 grammes par jour) de vitamine C recommandées par Pauling pourraient actuellement provoquer certains types de cancer chez les souris. Robinson aurait dit à Lowell, par exemple, que les animaux nourris de quantités équivalentes aux recommandations de Pauling avaient fait du cancer cutané presque deux fois plus souvent qu'un groupe contrôle et que seulement des doses de vitamine C approchant les niveaux létaux auraient un effet protecteur.
Suite à avoir rapporté cela à Pauling, Robinson a été demandé de donner sa démission de l'institut, ses animaux sur lesquels il a fait des expériences ont été tués, ses résultats saisis, et les résultats d'études antérieures détruits. Pauling a aussi déclaré publiquement que la recherche de Robinson était d'un niveau "amateur" et inadéquate. Robinson a répondu en intentant une poursuite contre l'institut et ses administrateurs. En 1983, la cause a été réglée hors cour pour $575,000. Dans une entrevue citée dans Nature, Pauling aurait dit que le règlement "représentait pas plus qu'une compensation pour perte de travail et le coût des frais légaux de Robinson." Toutefois, l'entente approuvée légalement précise que $425,000 du règlement était pour diffamation.
Durant le milieu des années 1970, Pauling a aidé la campagne de l'industrie des aliments naturels dans une loi fédérale qui affaiblissait la protection de la FDA des consommateurs des fausses déclarations sur la nutrition. En 1977 et 1979, Pauling a reçu des prix et présenta ses idées sur la vitamine C aux congrès annuels du National Nutritional Foods Association (l'association majeure des détaillants, distributeurs et manufacturiers d'aliments naturels). En 1981, il accepta un prix du National Health Federation (NHF) pour "services rendus au nom de la liberté de choix dans en santé" et on a remis à sa fille une adhésion dans cet organisme.
Le NHF est reconnu comme promoteur de toute la gamme de charlatanisme. Plusieurs de ces directeurs ont été en difficultés légales et certains ont été condamnés à la prison pour des activités variées reliées à la "santé." Pauling a aussi donné des conférences au Parker School for Professional Success Seminar, un meeting où les chiropraticiens assistent dans le but d'apprendre à développer leurs pratiques (les méthodes enseignées sont très douteuses). Une annonce pour le meeting invitait les chiros à se faire photographier avec Pauling (photo qu'on présume pourrait être utilisée pour la publicité.)
En 1981, après avoir appris que Pauling aurait contribué financièrement au NHF (pour l'adhésion à vie pour sa fille), je lui ai demandé s'il était au courant de l'image douteuse de la NHF et le fait qu'elle était la force la plus puissante contre le traitement de l'eau au fluor aux Êtats-Unis. Je lui ai aussi demandé s'il s'inquiétait que l'argent qui leur a donné pourrait être utilisé à aider cette lutte contre le fluor. Dans une série de lettres, il répondit que: (1) il était fortement d'accord avec le traitement de l'eau au fluor, (2) il était au courant de l'opposition à cela de la NHF, (3) il a essayé de les faire changer d'idées, (4) et a à maintes fois encouragé le traitement au fluor au long des années, et (5) qu'il croyait que d'autres sujets étaient plus importants. Il m'a aussi envoyé un commentaire en faveur du traitement au fluor qui m'a surpris. Malgré que j'aie lu des milliers de documents reliés aux idées de Pauling ainsi que de ses activités, je n'ai jamais eu d'indications qu'il était publiquement en faveur de l'eau traitée au fluor.
En 1983, Pauling et Irwin Stone ont témoigné à une audition pour Oscar Falconi, un promoteur de vitamines accusé par le Service Postal d'avoir fait des fausses déclarations au sujet de plusieurs produits. Pauling a appuyé les prétentions que la vitamine C était utile non seulement dans la prévention du cancer, mais aussi dans la réhabilitation des drogués et dans la destruction des virus et des bactéries. Pauling a aussi témoigné en 1984 devant le California Board of Medical Quality Assurance dans la défense de Michael Gerber, M.D., qui était accusé d'avoir mal traité ses patients. Un cas était au sujet d'une patiente de 56 ans qui avait un cancer traitable qui -- selon la conclusion du Board -- est morte résultant de la négligence du docteur Gerber qui l'a traitée avec des herbes médicinales, des enzymes, des lavements au café, et par la thérapie de chélation. Les autres patients étaient des jumeaux de 3 ans avec otite pour laquelle Gerber aurait prescrit 70,000 et plus d'unités de vitamine A par jour et des lavements au café deux fois par jour pour plusieurs semaines. Gerver a perdu son droit de pratique de la médecine suite à ces auditions.
Un bulletin distribué en 1991 par le Linus Pauling Institute recommandait des doses de 6,000 à 18,000 mg de vitamine C, 400 à 1,600 unités intern. de vitamine E, et 25,000 unités intern. de vitamine A, en plus d'autres vitamines et minéraux variés. Ces dosages ont aucunement été prouvés avoir un effet bénéfique et peuvent causer des effets secondaires fâcheux.
Malgré que les prétentions de mégavitamines de Pauling n'avaient pas l'évidence nécessaire pour être acceptées par la communauté scientifique, elles étaient acceptées par un grand nombre de personnes qui n'ont pas l'expertise scientifique pour les évaluer. A cause du prestige de Pauling surtout, les ventes de vitamine C annuelles aux Etats-Unis ont été dans les centaines de millions de dollars pendant plusieurs années. Le tort physique à la population qu'il a attirée ne peut pas être mesuré.
Cet article a été revisé et les corrections apportées par M Robert Lesage le 9 avril, 2005
Autres références:
La vitamine C et Vitamines et cancers, de l'excellent site charlatans.info.

06 septembre 2005

B vitamins do not protect hearts

BBC News
Taking B vitamins to ward off heart attacks and stroke does no good and may even be harmful, say experts.
Scientists had thought that these drugs might be useful by lowering levels of a blood substance called homocysteine which has been linked heart risk.
However, a large study looking at this has found no benefit even though homocysteine went down with these supplement pills.
The work was revealed in Stockholm at a European Society of Cardiology meeting.
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation
The Norwegian Vitamin Trial (NORVIT) researchers from the University of Tromsø looked at 4,749 heart attack survivors who had been divided into four groups.
In addition to their standard heart medicines, the groups received either daily folic acid (itself a B vitamin), daily vitamin B6, both folic acid and vitamin B6 or a dummy drug for three years.
After three and a half years, those who had been taking either folic acid or vitamin B6 alone had only a small increase in the risk of cardiovascular disease (heart attack or stroke), compared with those who had received the placebo.
However, those who had taken both folic acid and vitamin B6 each day had a 20% increased risk of heart attack and stroke, despite their homocysteine levels going down by up to 30%.
No protection
The results also showed there was a 40% increase in the risk of new cancers in the group taking folic acid, which the researchers said warranted further investigation.
Author Professor Kaare Harald Bønaa said: "The results of the NORVIT trial are important because they tell doctors that prescribing high doses of B vitamins will not prevent heart disease or stroke.
"B vitamins should be prescribed only to patients who have B vitamin deficiency."
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation, said: "People should not be taking folic acid and vitamin B6 to stop them having a heart attack because it won't.
"The study shows a significant increase in heart attacks and strokes."
However, he said there was no reason for pregnant women and those hoping to conceive to stop taking folic acid by itself. Folic acid is recommended for such women to reduce the risk of birth defects.


Après les illusions sur la vitamine C, voici celles sur les vitamines du groupe B qui tombent. Apparemment, seuls les suppléments en vitamines A et D risquent de survivre à cette hécatombe, à cause de la mode des produits à faible teneur en lipides et qui ont donc perdu une grande partie de ces vitamines.

16 août 2005

L’obscurantisme anti-vaccination

Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen


Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

Article 5 - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
...

Déclaration Universelle de Droits de l'Homme de 1948

...
Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
...

Code de déontologe médicale

...
Article 28 (article R.4127-28 du code de la santé publique)
La délivrance d'un rapport tendancieux ou d'un certificat de complaisance est interdite.
...


Les militants de l’anti-vaccination présentent comme une « liberté » le fait pour les parents de pouvoir choisir de vacciner ou non leurs enfants. Pourtant, il existe bien des lois indiquant l’obligation de vacciner les enfants (articles L3111-1 et suivants du Code de la Santé Publique), sauf contre-indication médicale réelle (et non de complaisance). Ces lois seraient elles inconstitutionnelles, car interdisant une action qui n’est pas nuisible à la société ? Le Conseil Constitutionnel n’a pourtant pas cru bon de remettre ces lois en cause.
Nous tomberons facilement d’accord sur le fait que fumer est nocif pour la santé. La loi a donc toute latitude pour réglementer la possibilité de fumer dans la mesure où cela nuit à autrui : dans les lieux publics, au travail, etc., il est donc possible d’interdire de fumer. Un fumeur ne pourra pas se prévaloir d’une quelconque «liberté» pour imposer sa fumée à un non-fumeur. En vertu de l’article 4 ci-dessus, on ne devrait pas pouvoir obliger un non-fumeur à respirer la fumée du tabac.
De même, pour la protection contre les épidémies, une couverture vaccinale suffisante (généralement de l’ordre de 90%) est nécessaire. Si celle-ci est insuffisante, en effet, des épidémies de maladies graves peuvent se déclencher et mettre la santé voire la vie des membres de la société en danger. Un individu ne peut donc prétendre à une quelconque «liberté vaccinale» que dans la mesure où cela ne compromet pas cette couverture vaccinale qui protège la société ou s’il peut prouver que la vaccination est contre-indiquée médicalement. C’est la société dans son ensemble qui détermine la liberté des individus qui ont décidé d’y vivre. Personne ne peut se prévaloir d’une quelconque «liberté» pour imposer une couverture vaccinale insuffisante à notre société et les autorités médicales et légales ont toute latitude pour éviter ce funeste état de choses.
L’histoire du refus de la vaccination anti-polio par les autorités musulmanes du Nigeria, et la recrudescence des cas de polio qui a suivi, est révélatrice des risques associés aux théories des militants de l’anti-vaccination. Après plusieurs mois de suspension de la vaccination anti-polio au nord Nigeria, les pays limitrophes où la polio avait disparu depuis quelques années ont constaté une réapparition de cette maladie grave. Puis le virus s’est propagé, via les pèlerinages à La Mecque, à d’autres pays musulmans.
On peut en tirer deux réflexions : les gens payent pour leur propre stupidité et celle de leurs autorités politiques ou religieuses, d’une part, et d’autre part, des innocents (enfants, voisins, concitoyens, etc.) subissent involontairement les conséquences de cette stupidité. Si l’on peut, à l’extrême rigueur, être indifférent aux victimes premières, il est difficile de rester insensible aux secondes.
Les études scientifiques sont quasiment unanimes sur l’innocuité très satisfaisante des vaccins et de leur excellent rapport bénéfice/risque. Si aucun acte thérapeutique n’est exempt de risque (mais traverser la rue n’est pas moins exempt de risque), les vaccinations font partie des actes thérapeutiques les plus sûrs et leurs bénéfices sont constatés par l’éradication mondiale de la variole, la disparition quasi-totale de certaines maladies des pays industrialisés et la suppression de la mortalité liée à certaines autres maladies, autrefois potentiellement fatales.
Le combat obscurantiste d’arrière-garde des militants de l’anti-vaccination est évidemment perdu d’avance, mais beaucoup souffriront entre temps, comme au Nigeria et ailleurs, de leurs théories irresponsables et non-scientifiques.


Références:
Code de la Santé Publique
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948
Code de déontologie médicale

05 août 2005

Les suppléments de vitamines inutiles aux personnes âgées

PARIS - Les personnes âgées prenant des vitamines, sous forme de compléments alimentaires, ont sensiblement autant d'infections que celles qui n'en consomment pas. C'est ce qui ressort d'une étude à paraître dans la revue médicale «British Medical Journal».

Au moins une personne âgée sur dix souffre d'un manque en vitamines ou minéraux (zinc, selenium ..), qui nuit au fonctionnement du système immunitaire et accroît le risque d'infection, souligne la revue médicale britannique.
En Grande-Bretagne, au moins 25 % des personnes âgées prennent des vitamines sous forme de compléments alimentaires, précisent Alison Avenell et ses collègues de l'université écossaise d'Aberdeen (Royaume-Uni).

Pour analyser l'effet de ces comprimés vitaminés, l'équipe d'Alison Avenell a recruté, entre février et décembre 2002, 910 participants âgés de plus de 65 ans et vivant à domicile. La moitié des participants a pris pendant un an des comprimés multivitaminés apportant également des minéraux, et correspondant à 50 % à 210 % de la dose journalière recommandée.

L'autre moitié a reçu un placebo (comprimé sans effet autre que psychologique) lors de cet essai conduit en double aveugle (ni patient, ni médecin ne savent qui reçoit le placebo). Au final, le nombre de jours d'infections (rapportés par les patients eux-mêmes), de prise d'antibiotiques ou d'hospitalisation, s'avère similaire au sein des deux groupes, selon les auteurs.

=> L'étude du British Medical Journal


Voila encore une étude qui, malgré ses limites, va encore décevoir les naturopathes et autres fondus des suppléments vitaminiques comme réponse à tout.

01 août 2005

David Lynch encourage les écoliers à pratiquer la méditation transcendantale

DES MOINES, Iowa (AP) - Le réalisateur américain David Lynch, adepte de longue date de la méditation transcendantale, a créé une fondation qui encouragera les écoles à utiliser cette technique dans les salles de classes.
La "Fondation David Lynch pour l'éducation basée sur la conscience et la paix dans le monde" rassemblera des fonds destinés à des groupes pacifiques de méditation transcendantale et offrira des bourses aux écoliers participant à des programmes de méditation.
David Lynch a rencontré certains de ces écoliers à Maharashi Vedic City, dans le sud de l'Iowa (centre des Etats-Unis), qui est considérée comme le centre spirituel du mouvement de la méditation transcendantale dans le pays.
"(La méditation) est un savoir en termes d'individualité, et elle marche merveilleusement bien sur les enfants", a déclaré le réalisateur indépendant.
"Je suis convaincu qu'il existe des centaines ou même des milliers d'enfants qui comprendront cette vérité et qui voudront y prendre part d'une manière ou d'une autre", a ajouté David Lynch.
La technique de la méditation consiste à s'asseoir confortablement en fermant les yeux pendant vingt minutes, deux fois par jour, selon le site Internet du Programme de méditation transcendantale.
Cette méditation aide les écoliers à surmonter leur stress et à améliorer leurs performances scolaires en utilisant la totalité de leur cerveau, plutôt qu'une partie uniquement, selon David Lynch.
La méditation peut être bonne pour les écoliers, confirme Barry Markovsky, sociologue à l'université de Caroline du Sud. Mais le professeur, qui a étudié le mouvement pendant des années, est sceptique quant aux prétentions de ses adeptes qui affirment que seule leur méthode est bénéfique.
David Lynch, qui a réalisé "Mulholland Drive", "Elephant Man" ou "Blue Velvet", travaille actuellement à Los Angeles sur un nouveau projet, "INLAND EMPIRE".


Cette 'méditation' ressemble à une petite sieste, ce qui ne peut évidemment pas faire beaucoup de mal aux écoliers stressés. Les prétentions de la MT à être la seule technique bénéfique sont risibles. Les allégations pseudoscientiques de David Lynch sur l'utilisation du cerveau le sont également. Ces allégations sont également faites par les scientologues et certains adeptes d'AMESSI.
Référence:

30 mai 2005

Deux parents et trois médecins jugés pour la mort d'un enfant malnutri

QUIMPER (AFP) - Le procès de deux parents adeptes de la kinésiologie accusés d'être responsables du décès de leur dernier enfant par malnutrition, ainsi que de trois médecins poursuivis pour non assistance à personne en danger s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Finistère.
Ronan Boucher, 45 ans, et son épouse Pascale Durand, 46 ans, qui contestent leur responsabilité et comparaissent libres, encourent une peine maximale de trente ans de réclusion pour "privation de soins ou d'aliments suivie de mort d'un mineur de 15 ans par ascendant". De leur côté, les médecins sont passibles d'une peine de 5 ans de prison.
Le 12 novembre 2000, Kerywan, 16 mois et demi, mourait au domicile familial de Moëlan-sur-Mer (Finistère), avec un poids de six kilos, soit celui d'un enfant de quatre mois. Les experts devaient déceler une carence nutritionnelle "importante et chronique" imputable selon eux à un régime alimentaire sans protéine animale ni supplément vitaminique. L'enfant était depuis sa naissance allaité par sa mère adepte d'un régime végétalien.
La justice reproche au couple, déjà parent de trois filles, d'avoir privé de soins son dernier enfant non pas par négligence ou imprudence mais au nom de "conceptions idéologiques" inhérentes à la pratique de la kinésiologie, technique psycho-corporelle développée dans les années 60 aux Etats-Unis.
Présentés comme "enseignants indépendants", les deux époux, de formation scientifique supérieure, avaient créé une "école d'enseignement complémentaire à la kinésiologie" à Moëlan-sur-Mer. Ils sont l'auteur de plusieurs brochures, dont une notamment sur la nutrition.
Niant tout lien de causalité entre leur comportement et le décès de l'enfant, ils ont réclamé en vain un non-lieu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes.
L'enquête menée par les experts a par ailleurs révélé que l'enfant aurait pu être sauvé "jusqu'au dernier moment", ne serait-ce que par une hospitalisation d'urgence, d'où une mise en cause de trois médecins qui n'ont pas alerté les autorités sur l'état de santé de plus en plus critique du petit garçon.
En mai 2000, sept mois avant sa mort, Kerywan avait été traité par un de ces médecins pour des vomissements. Trois mois plus tard, un autre médecin associé au premier renouvelait le traitement: à l'issue de la consultation, il inscrivait dans le dossier de l'enfant la mention "privation de soins et inconscience des parents, enfant en danger", mais n'alertait pas les autorités.
Une même inertie est reprochée au médecin traitant de la famille, qui aurait reçu sans réagir un fax de la famille contenant des informations "précises, importantes et alarmantes" à propos de l'état de santé de l'enfant. Les débats doivent durer cinq jours.
L'Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI) spécialisée dans la lutte contre les phénomènes sectaires s'est portée partie civile dans cette affaire, ainsi que La Voix de l'enfant, fédération d'associations pour la protection des enfants en France et dans le monde.


Les parents sont ici au premier rang des victimes de leur aveuglement. Ce n'est pas toujours le cas, comme nous l'avons vu pour l'affaire du vaccin contre la polio. Les enfants, eux, y sont toujours. Il est donc bon de se méfier de toutes ces pseudo-médecines charlatanesques dont AMESSI fait une publicité immodérée, et qui sont parfois les portes d'entrée d'associations de type sectaire.