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06 mars 2007

L'arnaque des compléments alimentaires

LE MONDE

Ils envahissent les vitrines et les rayons des pharmacies. Ils promettent de "réduire le tour de taille", de "déstocker les graisses" ou bien de "ralentir le vieillissement", ou encore de "fortifier les ongles et les cheveux". Sous forme de gélules, comprimés ou ampoules, les compléments alimentaires, également vendus en grandes surfaces et sur Internet, ont représenté, en 2005, un marché florissant de 894 millions d'euros, en hausse de 7 % par rapport à 2004. "Un marché de la poudre aux yeux et des pilules pipeau", a dénoncé, mercredi 21 février, l'association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).

Après avoir comparé les promesses de 140 produits aux publications scientifiques référencées par le National Institute of Health, principale agence de recherche médicale américaine, et aux avis publiés par les agences sanitaires, la CLCV affirme aboutir à un résultat sans appel : "Les vertus des compléments alimentaires relèvent pour l'essentiel de l'affabulation."

Caféine, extrait de thé vert, acide linoléique conjugué ou chitosan : aucune de ces substances - très souvent rencontrées dans la composition des produits "minceur" - "n'a fait la preuve de son efficacité", souligne la CLCV. Idem pour l'huile de bourrache ou d'onagre contenue dans la plupart des produits censés améliorer "la santé de la peau" ou les apports en silicium promettant des cheveux "plus forts et plus sains". L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne contestent pas l'enquête menée par la CLCV.

EXPLOSION DU MARCHÉ

Parce qu'ils dépendent du code de la consommation et non de celui de la santé publique, les compléments alimentaires n'ont pas besoin, contrairement aux médicaments, d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). "Le biais est là", considère le professeur Irène Margaritis, chef de l'unité évaluation nutrition et risques nutritionnels à l'Afssa.

Résultat : les contrôles, menés par la DGCCRF, ne peuvent s'effectuer qu'après la commercialisation et porte essentiellement sur l'étiquetage pour vérifier que les allégations ne sont pas thérapeutiques. "Un complément alimentaire ne peut pas dire qu'il va prévenir telle ou telle maladie ou permettre une perte de poids", explique-t-on à la DGCCRF. En revanche, il peut tout à fait alléguer une "réduction du tour de taille". Les services de marketing ne s'y sont pas trompés et débordent de créativité pour contourner la réglementation.

L'Afssa ne peut travailler sur ces produits que si elle est saisie par la DGCCRF. Preuve de l'explosion du marché, le nombre de saisines est passé de 50 en 2000 à 100 en 2005. "Nous menons une évaluation à partir des connaissances scientifiques et des études cliniques fournies par les entreprises", explique le professeur Margaritis. Mais les preuves des allégations font souvent défaut. "Nous manquons beaucoup d'études cliniques bien menées, notamment dans le domaine de la minceur", déplore-t-elle. Ces dernières années, l'Afssa a rendu une série d'avis défavorables, notamment sur l'utilisation de la poudre de maca et sur la supplémentation en silicium. Après, c'est à la DGCCRF de contrôler la bonne application des avis de l'Afssa.

Il peut arriver que des allégations soient fondées scientifiquement mais qu'elles concernent une cible particulière et non la population en général. Il en est ainsi des suppléments en vitamines B9 pour les femmes enceintes ou en vitamines B12 réservés aux personnes âgées. "La question de la cible est très importante, insiste Mme Margaritis. Si notre alimentation est équilibrée et diversifiée, nous n'avons pas besoin de suppléments."


Sandrine Blanchard

29 décembre 2006

Vitamine E : aucun bénéfice sur les fonctions cognitives chez la femme âgée

PARIS (APM Santé) - Une supplémentation en vitamine E pendant 10 ans n'apporte aucun bénéfice en termes de performances cognitives chez une population de femmes âgées, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue « Archives of Internal Medicine ».
Le stress oxydatif joue un rôle clé dans le développement des troubles cognitifs. Or, plusieurs études antérieures, conduites en laboratoire sur des cellules ou chez l'animal, ont montré que la vitamine E, une molécule aux propriétés antioxydantes, protégeait contre la destruction neuronale. Les résultats d'études cliniques ont par ailleurs suggéré qu'une thérapie antioxydante nécessitait d'être initiée à un âge jeune (avant le début du déclin cognitif) et conduite sur une longue période.

Jae Hee Kang, du Brigham and Women's Hospital, de la Harvard Medical School (Etats-Unis), et ses collègues, ont mené une étude auprès de 6.377 femmes en bonne santé, âgées de plus de 65 ans, ayant reçu aléatoirement de la vitamine E ou un placebo pendant 10 ans entre 1992 et 2002. Des tests cognitifs pour évaluer la performance cognitive globale et la mémoire verbale ont été effectués par téléphone chez toutes les volontaires en 1998, 2000 et 2002. Un score global a été calculé à partir des résultats aux différents tests.

Selon les résultats de l'étude, aucune différence significative dans la valeur du score global de performance cognitive n'a été constatée entre le groupe de femmes ayant reçu une supplémentation en vitamine E et le groupe contrôle, 5 et 9 ans après le début de l'étude. L'évolution des performances cognitives au cours du temps s'est également révélée similaire dans les deux groupes.

Finalement une consommation de vitamine E sur une longue période n'a procuré aucun bénéfice neuroprotecteur ni permis de ralentir l'évolution du déclin cognitif chez une population de femmes âgées, concluent les auteurs.

(Archives of Internal Medicine, 11/25 décembre 2006, vol.166, n°22, p.2462-2468)


Encore une légende sur les suppléments vitaminiques qui en prend pour son grade !.

06 octobre 2005

Le Dr Rath, ses vitamines et ses lucratives boutiques

Concernant le Dr Rath, le mieux est de laisser parler le web. Comme pour Le Ribault et son G5, il n'y a pas le moindre début de preuve de l'efficacité des mégadoses de vitamines sur des maladies comme le cancer, le SIDA ou les pathologies cardiaques.
Le Dr Rath, qui défend ses boutiques et contourne les lois en vendant via Internet, attaque tout ce qui bouge et conteste ses allégations infondées, glapissant "au complot pharmaceutique" et accusant les médecins et les groupes pharmaceutiques de "génocide".
Ces diffammations lui valent procès sur procès et nul doute qu'il finira dans les oubliettes de la charlatanerie, ce dont l'accusent tous ses détracteurs. Aucun des procès qu'il a intenté à ces derniers n'a jamais abouti.
Il lui a été consacré un dossier très complet en anglais dans le Dictionnaire Sceptique.

Statement from Harvard School of Public Health Researchers Regarding Misinterpretation of Findings on Vitamins and HIV/AIDS :
Boston, MA--Published statements in the United States and South Africa by
businessman Matthias Rath, whose company Matthias Rath Inc. sells vitamin
formulas, state that antiretroviral therapy (ART) "severely damage[s] all
cells in the body--including white blood cells--thereby not improving but rather
worsening immune deficiencies and expanding the AIDS epidemic." These statements
promote vitamins as superior to ART in the treatment of HIV/AIDS. Rath has
attempted to support his claims with findings from Harvard School of Public
Health research in Tanzania. We condemn these irresponsible and misleading
statements as in our view they deliberately misinterpret findings from our
studies to advocate against the scale up of antiretroviral therapy.


Les auteurs de l'étude mentionnée par Rath, en support de ses allégations charlatanesques, sont démenties formellement par les propres auteurs de l'étude en question.

Autres références:

South Africa: UNAIDS Lambastes Vitamin 'Charlatans' :

Anyone who claims vitamins can cure or treat HIV/AIDS is a "charlatan", UNAIDS executive director Peter Piot told a press conference in Johannesburg, South Africa, on Wednesday.
Reacting to questions about vitamins proponent Matthias Rath, Piot said it was unfortunate that there would always be people who tried to make money out of the misery and suffering of others.
"Recommending vitamins as a treatment for HIV/AIDS is not only confusing, but is going to kill people ... We are very disturbed that this kind of commercial exploitation of the impact of HIV/AIDS is made," Piot remarked.


TAC dénonce les mensonges et la fausse science sur le sida:

Treatment Action Campaign a exprimé sa colère envers un richissime fabricant de vitamines, Matthias Rath qui mène une campagne mensongère sur le traitement du sida.
Ce fabricant de vitamines fait campagne dans plusieurs journaux pour la promotion de ces vitamines qui, prises en grande quantité, seraient le meilleur traitement contre le VIH/sida. Cette campagne est accompagnée de propos diffamatoires envers les scientifiques qui préconisent la prise d’antirétroviraux pour lutter contre la maladie, et ceux qui font campagne pour l’accès à ces médicaments, en particulier TAC
Alors que le gouvernement reconnaît que plus de 500 000 personnes ont besoin de ces médicaments, qu’il a adopté un plan global de lutte contre la maladie et qu’il vient d’annoncer qu’il allait dépenser plus de 3 milliards de rands pour l’achat de ces médicaments et leur distribution dans les centres publics de santé, la campagne de ce charlatan sape les efforts du gouvernement et sème la confusion dans l’opinion publique.



Le Dr Mattias Rath vend des préparations controversées :

Alors que les scientifiques auraient aimé recevoir quelque preuve que des produits naturels pourraient retarder les attaques cardiaques ou le cancer d'un an ou deux, Rath promet des résultats presque magiques de ses préparations: "sa percée médicale" "a déjà sauvé les vies de milliers de patients", dit-il: "les crises cardiaques seront pratiquement inconnues des générations futures".
Il n'existe pas d'études en donnant la preuve. Roth Grossklaus, directeur de BgVV poursuivi par Rath, croit donc que les promesses du docteur sont risquées: "Si des gens ayant des maladies de coeur croient pouvoir se passer de leur médication en se fondant sur les promesses de Rath, leur foi pourrait fort bien leur retomber dessus."
Voir également:
Vitamin profiteer and AIDS-denialist misleading South Africans, says WHO/UN
AIDS Activists Go After Vitamin Salesman
United Nations Slams AIDS "Dissident" for Attack on Antiretroviral Drugs
U.N. slams AIDS 'dissident' for attack on drugs
South African Activists Take On AIDS "Dissident
Court case shines spotlight on South African AIDS policy
Misleading salesman endorses vitamins to treat HIV/AIDS

12 septembre 2005

Faut-il être un prix Nobel pour critiquer un prix Nobel ?

Il est toujours délicat de critiquer une personne qui a reçu des distinctions aussi prestigieuses qu'un prix Nobel. Cependant, il est clair qu'un prix Nobel de physique n'est pas forcément plus compétent en médecine que l'homme de la rue, et probablement moins qu'une personne qui aurait une bonne formation dans le domaine, comme un médecin généraliste.
Ainsi, lorsqu'un prix Nobel dont la spécialité n'est pas médecine fait une affirmation dans le domaine médical, il peut tout autant se tromper que n'importe qui. Ainsi, nous avons Linus Pauling (Nobel de Chimie et de la Paix) et ses affirmations sur la vitamine C, contredites aujourd'hui par de nombreuses études cliniques menées scientifiquement. De même, rien n'oblige à croire les déclarations fracassantes d'un Loïc Le Ribault (il n'est pas prix Nobel, loin de là, mais si on l'écoutait, celà prouverait l'existence d'un sombre complot des sbires de l'industrie médico-pharmaceutique et des politiciens anti-FN) sur son "produit miracle", le G5, et ce ne sont pas les témoignages de foi de guérisons miraculeuses qui peuvent faire pencher la balance du bon côté: il en existe pour tous les "produits miracles" y compris pour les pèlerinages à Lourdes.
Plusieurs prix Nobel se sont singularisés avec leurs croyances curieuses. Signalons ainsi Brian Josephson (Nobel de Physique) et ses croyances aux phénomènes paranormaux, malgré plusieurs décennies d'essais ratés. Plus récemment, Wangari Maathai (Nobel de la Paix) et ses théories du complot concernant le SIDA, qui aurait été le fruit d'une propagation délibérée visant anéantir les Africains. Egalement notoires sont les errements racistes et eugénistes de William Shockley (co-inventeur du transistor et Nobel de Physique). Heureusement, l'intelligence des Nobel en préserve une grande partie de ces croyances ridicules. Mais ce n'est qu'une statistique.
Certaines de ces idées sont particulièrement dangereuses, en ce qu'elles entraînent un retard de prise en charge de pathologies graves chez les malades abusés, retard pouvant causer la mort anticipée des malades en question. Parmi ces idées dangereuses, il y a celles des adeptes de l'anti-vaccination et celles des charlatans qui proposent des thérapies 'miracles' à prix d'or.
D'un point de vue du discours logique, l'appel à l'autorité d'un prix Nobel en dehors de son domaine de compétence est un sophisme pur et simple, que les adeptes des médecines dites 'douces', comme ceux de l'association AMESSI, n'hésitent pas à utiliser pour essayer de convaincre leur auditoire, ou plutôt leurs clients.

07 septembre 2005

Le côté sombre de l'héritage de Linus Pauling

Stephen Barrett, M.D.

Linus Pauling, Ph.D., était la seule personne à gagner le prix Nobel non ex aequo à deux reprises. Il s'est mérité ces prix pour la chimie en 1954 et pour la paix en 1962. Son décès récent a stimulé plusieurs hommages pour ses accomplissements scientifiques. Son impact sur la santé, toutefois, a été une autre chose.
Pauling est largement responsable de la fausse idée répandue que des doses élevées de vitamine C sont efficaces contre les rhumes et autres maladies. En 1968, il a postulé que les besoins de la population pour des vitamines et d'autres nutritifs varient beaucoup et que pour demeurer en bonne santé, beaucoup de gens ont besoin de nutritifs en plus grande doses que celles recommandées par les RDA (Recommended Dietary Allowances). Il a aussi spéculé sur l'idée que des mégadoses de certaines vitamines et minéraux seraient le traitement de choix de certaines maladies mentales. Il a appelé cette approche "orthomoléculaire," signifiant la "véritable molécule." Par la suite, il a étendu la liste des maladies qu'il croyait influençables par la thérapie "orthoméléculaire" et le nombre de nutritifs indiqués pour chacune. Aucun scientifique médical ou de la nutrition responsable a partagé ses idées.
La vitamine C et le rhume banal
En 1970, Pauling annonça dans Vitamin C and the Common Cold que prendre 1,000 mg de vitamine C par jour va réduire l'incidence des rhumes par 45% pour la plupart des gens mais pour certaines personnes des plus grandes quantités sont nécessaires. (La RDA pour la vitamine C est 60 mg.) La révision 1976 de son livre, ré-intitulé Vitamin C, the Common Cold and the Flu, suggérait des doses encore plus élevées. Un troisième livre, Vitamin C and Cancer (1979) maintient que des doses élevées de vitamine C peuvent être efficaces contre le cancer. Et encore un autre livre, How to Feel Better and Live Longer (1986), déclarait que des mégadoses de vitamines "peuvent améliorer votre santé . . . pour mieux jouir de la vie et aider à contrôler la maladie cardiaque, le cancer, et d'autres maladies et en diminuant le processus de vieillissement."
Pauling lui-même apparemment prenait au moins 12,000 mg de vitamine C par jour et augmenta la dose à 40,000 mg s'il commençait un rhume. En 1993, suite au traitement de radiothérapie pour cancer de la prostate qu'il avait, Pauling aurait dit que la vitamine C retardait le début du cancer pendant 20 ans. Cela n'était pas une déclaration évaluable. Il est mort de la maladie en août 1994 à l'âge de 93 ans.
Un fait scientifique est établi quant la même expérience est reproduite à plusieurs reprises avec les mêmes résultats. Pour évaluer l'effet de la vitamine C sur les rhumes, il est nécessaire de comparer des groupes qui reçoivent la vitamine à des groupes qui reçoivent un placebo (un comprimé qui est identique mais qui ne contient rien). Puisque le rhume banal est une condition très variable, une étude doit comporter une évaluation d'un grand nombre de personnes sur des longues périodes. Au moins 16 études , bien structurées, à double-insu, ont démontré que la supplémentation avec la vitamine C ne prévient pas les rhumes et peut possiblement diminuer les symptômes légèrement. La réduction légère de symptômes peut aussi être le résultat d'un effet quasi-antihistaminique, mais si cela a une valeur pratique est discutable. Les idées de Pauling sont basées sur les mêmes études considérées par les scientifiques, mais ses analyses sont erronées.
Les plus grandes études cliniques, portant sur des milliers de volontaires, ont été entreprises par le docteur Terence Anderson, professeur d'épidémiologie de l'Université de Toronto. Dans l'ensemble, ses études suggèrent que l'effet de vitamine C en surplus pourrait légèrement réduire l'intensité des rhumes, mais il n'est pas nécessaire de prendre les doses élevées suggérées par Pauling pour obtenir ce résultat. Il n'y a rien à gagner en prenant les suppléments de vitamine C à l'année longue dans le but de prévenir les rhumes.
Une autre étude importante a été rapportée en 1975 par des scientifiques du National Institutes of Health qui ont comparé des comprimés de vitamine C avec un placebo avant et durant les rhumes. Malgré que l'expérience était supposée être à double-insu, la moitié des sujets pouvait deviner quel comprimé était lequel. Quand les résultats ont été calculés avec tous les sujets ensemble, ceux qui ont pris la vitamine C rapportèrent moins de rhumes par personne sur une période de 9 mois. Mais pour la moitié qui n'ont pas pu deviner quel comprimé était la vitamine C et quel était le placebo, il n'y avait pas de différence dans les deux groupes. Cela illustre comment les gens qui pensent faire quelque chose d'efficace (comme prendre une vitamine) peuvent rapporter des résultats favorables même quand aucun existe.
La vitamine C et le cancer
En 1976, Pauling et le docteur Ewan Cameron, un médecin écossais, ont rapporté que la majorité des cent patients atteints de cancer "terminal" traités avec 10,000 mg de vitamine C par jour ont survécu trois à quatre fois plus longtemps que des patients semblables qui n'ont pas pris de suppléments de vitamine C. Cependant, le docteur William DeWys, directeur des investigations cliniques au National Cancer Institute, a trouvé que l'étude a été pauvrement structurée parce que les groupes de patients n'étaient pas comparables. Les patients recevant la vitamine C étaient les patients de Cameron, tandis que les autres patients étaient sous les soins d'autres médecins. Les patients de Cameron ont commencé à prendre la vitamine C quand il les a étiquetés "non-traitables," par d'autres méthodes, et leur survie consécutive a été comparée à la survie des patients "contrôles" après qu'ils aient été étiquetés non-traitables par leurs médecins. DeWys a conclu que si les deux groupes étaient comparables, la durée de temps à partir de leur hospitalisation jusqu'à l'étiquette non-traitable aurait dû être la même dans les deux groupes. Toutefois, il a trouvé que les patients de Cameron étaient étiquetés non-traitables beaucoup plus tôt dans l'évolution de la maladie -- ce qui signifie qu'ils ont été hospitalisés avant qu'ils soient aussi malades que les patients des autres médecins et naturellement vivraient plus longtemps.
Malgré tout ça, pour évaluer si Pauling aurait raison, la Clinique Mayo a entrepris trois études à double-insu portant sur un total de 367 patients avec cancer avancé. Les études, rapportées en 1979, 1983, et 1985, ont démontré que les patients ayant reçu 10 000 mg de vitamine C par jour n'ont pas eu d'effet bénéfique plus que ceux qui ont reçu le placebo. Pauling a critiqué la première étude, déclarant que les agents utilisés dans le traitement de la chimiothérapie auraient pu avoir un effet négatif sur le système immunitaire des patients empêchant l'effet bénéfique de la vitamine C. Mais son rapport de 1976 sur le travail de Cameron dit clairement que: "Tous les patients sont traités initialement de façon très conventionnelle, par la chirurgie, la radiothérapie, et l'administration d'hormones et de substances cytotoxiques." Et durant une conférence subséquente à l'Université d'Arizona, il aurait dit que la thérapie avec la vitamine C pourrait être utilisée en plus des modalités conventionnelles de traitement. Les participants dans l'étude de 1983 n'avaient pas subi de traitements conventionnels, mais Pauling a nié les conclusions quand même.
Mettant la science de côté, il est clair que Pauling était politiquement enligné avec les promoteurs de pratiques nutritionnelles non-scientifiques. Il a dit que son intérêt initial dans la vitamine C était stimulé par une lettre du biochimiste Irwin Stone, avec qui il a subséquemment travaillé de près. Malgré que Stone a souvent été appelé "Dr. Stone," ses pièces d'identité n'étaient qu'un certificat montrant qu'il a complété un programme de chimie de deux ans, un degré honorifique de chiropratique du Los Angeles College of Chiropractic, et un "Ph.D." de Donsbach University, une école par correspondance non-accréditée.
Dans un chapitre peu annoncé de Vitamin C and the Common Cold, Pauling attaqua l'industrie des aliments naturels d'avoir mal informé leurs clients. Soulignant que la vitamine C "synthétique" est identique à la vitamine C "naturelle," il a signalé que les produits "naturels" plus dispendieux étaient du "gaspillage d'argent." Et il ajouta que "les mots 'cultivé organiquement' étaient essentiellement faux -- faisant seulement partie du jargon utilisé par les promoteurs d'aliments naturels pour faire des profits exagérés, souvent de personnes âgées avec des revenus bas." Mais le livre Vitamin C, the Common Cold and the Flu, lancé six ans plus tard, ne contenait pas ces critiques. Cette omission n'était pas accidentelle. En réponse à une lettre, Pauling m'a informé que, suite à la publication de son premier livre, il était "très attaqué par les gens qui s'en prenait aux promoteurs d'aliments naturels." Ses critique étaient si "biaisées," qu'il a décidé qu'il ne les laissait plus attaquer l'industrie des aliments naturels pendant qu'une autre partie de leurs attaques étaient dirigées envers lui.
Le Linus Pauling Institute of Medicine, fondé en 1973, est consacré à la médecine "orthomoléculaire." Plusieurs dépliants des campagnes de collecte de fonds de l'institut contenaient des renseignements douteux. Ils ont maintenu faussement, par exemple, qu'aucun progrès n'a été fait dans le traitement du cancer dans les dernières vingt années. Cette déclaration, qui est souvent exprimée par les promoteurs de thérapies de cancer non-prouvées, est tout à fait fausse. La corporation qui contribue financièrement le plus à l'institut est la maison Hoffmann-La Roche, le géant pharmaceutique qui produit le plus de vitamine C dans le monde.
Autres activités douteuses
Une dispute entre Pauling et Arthur Robinson, Ph.D., contribue au fait que sa défense des mégadoses de vitamine C n'était pas tout à fait honnête. Robinson, un ancien élève et associé de Pauling pendant longtemps, a aidé à fonder l'institut et était son premier président. Selon un rapport d'une investigation par James Lowell, Ph.D., dans le bulletin Nutrition, une recherche de Robinson lui a fait conclure en 1978 que des doses élevées (5 à 10 grammes par jour) de vitamine C recommandées par Pauling pourraient actuellement provoquer certains types de cancer chez les souris. Robinson aurait dit à Lowell, par exemple, que les animaux nourris de quantités équivalentes aux recommandations de Pauling avaient fait du cancer cutané presque deux fois plus souvent qu'un groupe contrôle et que seulement des doses de vitamine C approchant les niveaux létaux auraient un effet protecteur.
Suite à avoir rapporté cela à Pauling, Robinson a été demandé de donner sa démission de l'institut, ses animaux sur lesquels il a fait des expériences ont été tués, ses résultats saisis, et les résultats d'études antérieures détruits. Pauling a aussi déclaré publiquement que la recherche de Robinson était d'un niveau "amateur" et inadéquate. Robinson a répondu en intentant une poursuite contre l'institut et ses administrateurs. En 1983, la cause a été réglée hors cour pour $575,000. Dans une entrevue citée dans Nature, Pauling aurait dit que le règlement "représentait pas plus qu'une compensation pour perte de travail et le coût des frais légaux de Robinson." Toutefois, l'entente approuvée légalement précise que $425,000 du règlement était pour diffamation.
Durant le milieu des années 1970, Pauling a aidé la campagne de l'industrie des aliments naturels dans une loi fédérale qui affaiblissait la protection de la FDA des consommateurs des fausses déclarations sur la nutrition. En 1977 et 1979, Pauling a reçu des prix et présenta ses idées sur la vitamine C aux congrès annuels du National Nutritional Foods Association (l'association majeure des détaillants, distributeurs et manufacturiers d'aliments naturels). En 1981, il accepta un prix du National Health Federation (NHF) pour "services rendus au nom de la liberté de choix dans en santé" et on a remis à sa fille une adhésion dans cet organisme.
Le NHF est reconnu comme promoteur de toute la gamme de charlatanisme. Plusieurs de ces directeurs ont été en difficultés légales et certains ont été condamnés à la prison pour des activités variées reliées à la "santé." Pauling a aussi donné des conférences au Parker School for Professional Success Seminar, un meeting où les chiropraticiens assistent dans le but d'apprendre à développer leurs pratiques (les méthodes enseignées sont très douteuses). Une annonce pour le meeting invitait les chiros à se faire photographier avec Pauling (photo qu'on présume pourrait être utilisée pour la publicité.)
En 1981, après avoir appris que Pauling aurait contribué financièrement au NHF (pour l'adhésion à vie pour sa fille), je lui ai demandé s'il était au courant de l'image douteuse de la NHF et le fait qu'elle était la force la plus puissante contre le traitement de l'eau au fluor aux Êtats-Unis. Je lui ai aussi demandé s'il s'inquiétait que l'argent qui leur a donné pourrait être utilisé à aider cette lutte contre le fluor. Dans une série de lettres, il répondit que: (1) il était fortement d'accord avec le traitement de l'eau au fluor, (2) il était au courant de l'opposition à cela de la NHF, (3) il a essayé de les faire changer d'idées, (4) et a à maintes fois encouragé le traitement au fluor au long des années, et (5) qu'il croyait que d'autres sujets étaient plus importants. Il m'a aussi envoyé un commentaire en faveur du traitement au fluor qui m'a surpris. Malgré que j'aie lu des milliers de documents reliés aux idées de Pauling ainsi que de ses activités, je n'ai jamais eu d'indications qu'il était publiquement en faveur de l'eau traitée au fluor.
En 1983, Pauling et Irwin Stone ont témoigné à une audition pour Oscar Falconi, un promoteur de vitamines accusé par le Service Postal d'avoir fait des fausses déclarations au sujet de plusieurs produits. Pauling a appuyé les prétentions que la vitamine C était utile non seulement dans la prévention du cancer, mais aussi dans la réhabilitation des drogués et dans la destruction des virus et des bactéries. Pauling a aussi témoigné en 1984 devant le California Board of Medical Quality Assurance dans la défense de Michael Gerber, M.D., qui était accusé d'avoir mal traité ses patients. Un cas était au sujet d'une patiente de 56 ans qui avait un cancer traitable qui -- selon la conclusion du Board -- est morte résultant de la négligence du docteur Gerber qui l'a traitée avec des herbes médicinales, des enzymes, des lavements au café, et par la thérapie de chélation. Les autres patients étaient des jumeaux de 3 ans avec otite pour laquelle Gerber aurait prescrit 70,000 et plus d'unités de vitamine A par jour et des lavements au café deux fois par jour pour plusieurs semaines. Gerver a perdu son droit de pratique de la médecine suite à ces auditions.
Un bulletin distribué en 1991 par le Linus Pauling Institute recommandait des doses de 6,000 à 18,000 mg de vitamine C, 400 à 1,600 unités intern. de vitamine E, et 25,000 unités intern. de vitamine A, en plus d'autres vitamines et minéraux variés. Ces dosages ont aucunement été prouvés avoir un effet bénéfique et peuvent causer des effets secondaires fâcheux.
Malgré que les prétentions de mégavitamines de Pauling n'avaient pas l'évidence nécessaire pour être acceptées par la communauté scientifique, elles étaient acceptées par un grand nombre de personnes qui n'ont pas l'expertise scientifique pour les évaluer. A cause du prestige de Pauling surtout, les ventes de vitamine C annuelles aux Etats-Unis ont été dans les centaines de millions de dollars pendant plusieurs années. Le tort physique à la population qu'il a attirée ne peut pas être mesuré.
Cet article a été revisé et les corrections apportées par M Robert Lesage le 9 avril, 2005
Autres références:
La vitamine C et Vitamines et cancers, de l'excellent site charlatans.info.

06 septembre 2005

B vitamins do not protect hearts

BBC News
Taking B vitamins to ward off heart attacks and stroke does no good and may even be harmful, say experts.
Scientists had thought that these drugs might be useful by lowering levels of a blood substance called homocysteine which has been linked heart risk.
However, a large study looking at this has found no benefit even though homocysteine went down with these supplement pills.
The work was revealed in Stockholm at a European Society of Cardiology meeting.
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation
The Norwegian Vitamin Trial (NORVIT) researchers from the University of Tromsø looked at 4,749 heart attack survivors who had been divided into four groups.
In addition to their standard heart medicines, the groups received either daily folic acid (itself a B vitamin), daily vitamin B6, both folic acid and vitamin B6 or a dummy drug for three years.
After three and a half years, those who had been taking either folic acid or vitamin B6 alone had only a small increase in the risk of cardiovascular disease (heart attack or stroke), compared with those who had received the placebo.
However, those who had taken both folic acid and vitamin B6 each day had a 20% increased risk of heart attack and stroke, despite their homocysteine levels going down by up to 30%.
No protection
The results also showed there was a 40% increase in the risk of new cancers in the group taking folic acid, which the researchers said warranted further investigation.
Author Professor Kaare Harald Bønaa said: "The results of the NORVIT trial are important because they tell doctors that prescribing high doses of B vitamins will not prevent heart disease or stroke.
"B vitamins should be prescribed only to patients who have B vitamin deficiency."
Professor Peter Weissberg, medical director of the British Heart Foundation, said: "People should not be taking folic acid and vitamin B6 to stop them having a heart attack because it won't.
"The study shows a significant increase in heart attacks and strokes."
However, he said there was no reason for pregnant women and those hoping to conceive to stop taking folic acid by itself. Folic acid is recommended for such women to reduce the risk of birth defects.


Après les illusions sur la vitamine C, voici celles sur les vitamines du groupe B qui tombent. Apparemment, seuls les suppléments en vitamines A et D risquent de survivre à cette hécatombe, à cause de la mode des produits à faible teneur en lipides et qui ont donc perdu une grande partie de ces vitamines.

05 août 2005

Les suppléments de vitamines inutiles aux personnes âgées

PARIS - Les personnes âgées prenant des vitamines, sous forme de compléments alimentaires, ont sensiblement autant d'infections que celles qui n'en consomment pas. C'est ce qui ressort d'une étude à paraître dans la revue médicale «British Medical Journal».

Au moins une personne âgée sur dix souffre d'un manque en vitamines ou minéraux (zinc, selenium ..), qui nuit au fonctionnement du système immunitaire et accroît le risque d'infection, souligne la revue médicale britannique.
En Grande-Bretagne, au moins 25 % des personnes âgées prennent des vitamines sous forme de compléments alimentaires, précisent Alison Avenell et ses collègues de l'université écossaise d'Aberdeen (Royaume-Uni).

Pour analyser l'effet de ces comprimés vitaminés, l'équipe d'Alison Avenell a recruté, entre février et décembre 2002, 910 participants âgés de plus de 65 ans et vivant à domicile. La moitié des participants a pris pendant un an des comprimés multivitaminés apportant également des minéraux, et correspondant à 50 % à 210 % de la dose journalière recommandée.

L'autre moitié a reçu un placebo (comprimé sans effet autre que psychologique) lors de cet essai conduit en double aveugle (ni patient, ni médecin ne savent qui reçoit le placebo). Au final, le nombre de jours d'infections (rapportés par les patients eux-mêmes), de prise d'antibiotiques ou d'hospitalisation, s'avère similaire au sein des deux groupes, selon les auteurs.

=> L'étude du British Medical Journal


Voila encore une étude qui, malgré ses limites, va encore décevoir les naturopathes et autres fondus des suppléments vitaminiques comme réponse à tout.