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06 juillet 2006

Scientist supporting herbal HIV remedy suspended

Researcher faces university investigation after work with unproven AIDS treatment.

Natasha Bolognesi

Mysterious medicine: Secomet V is made from the red clover, Trifollium pratense.
The University of Cape Town in South Africa has closed down the laboratories of one of its top scientists, who has been supporting an unproven herbal AIDS remedy.

Girish Kotwal, head of medical virology at the university's Institute of Infectious Disease and Molecular Medicine, has been temporarily suspended from his research duties so the university can investigate his association with the plant extract Secomet V, which is manufactured and distributed by the Stellenbosch-based company Secomet.

Secomet V has found a champion in Kotwal (see 'Bad Medicine'). But there have as yet been no clinical trials of the product.

Kotwal has published some data from a trial with four individuals showing that the herbal extract, which comes as a Coca-Cola-coloured liquid, acts as a broad-spectrum inhibitor of viral entry. But Kotwal's work has also shown that it can be toxic to cells, at least in the test tube. He acknowledges that much more testing is needed before the product should be used clinically.

Two AIDS patients in Stellenbosch died earlier this year after sudden liver failure. Neither had been on antiretroviral drugs (ARVs), says their doctor Lisa Hellstrom, but both were taking Secomet V. Another of Hellstrom's patients, who has taken both ARVs and Secomet V, has been found to have abnormal liver enzymes.

The product does not seem to be properly registered in the country as a herbal or complementary medicine, and some have raised potential ethical concerns about the university's sales royalty agreement with Secomet.

This royalty agreement will be reviewed by the university on completion of their investigation, says the university's manager of marketing and communications, Skye Grove.

Taking action

The institute's director Greg Hussey has said that Kotwal was dealing with Secomet in a personal capacity, and has said that his behaviour regarding the product is unacceptable. The matter was brought to the attention of higher university authorities by the investigations of Nature Medicine, which first reported on Kotwal's involvement with Secomet on 28 June 2006 (see 'Bad medicine').

Cheryl de la Rey, deputy vice-chancellor of the university, told news@nature.com they are taking the matter seriously.

Certain allegations of possible professional misconduct in respect of Kotwal are under investigation, says Grove. "The preliminary investigation committee convened on Monday 3 July to decide what the charges against him will be. He has been temporarily suspended from his research duties, and his laboratory has been closed, pending the outcome of this," says Grove.

Kotwal told news@nature.com that he cannot communicate with the press until the investigation has been completed.

Secomet, meanwhile, continues to sell their product. Their website says that the herbal extract "is not intended to diagnose, treat, cure or prevent any disease" but adds that: "patients generally experience a lowering of viral load, which allows their CD4 count to stabilize and then to start improving."

Chairman of South African Medicine's Control Council (MCC), Peter Eagles, told news@nature.com that "Secomet cannot trade making medicinal claims. The company's conduct will be discussed at an MCC meeting on Friday 7 July when the matter will be put forward for further clarity and investigation." Secomet refused to comment to news@nature.com.


L'Afrique du Sud est un havre pour les médecines 'alternatives' contre le SIDA soutenues par certains politiques, dont le président Mbeki et son Ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang. On se rappellera notamment le cas des pilules multivitaminiques du Dr Rath censées combattre le SIDA, des cancers, etc. Il est donc intéressant de constater qu'il n'est quand même pas possible d'y faire du n'importe quoi médical, comme de recommander des produits potentiellement dangereux sans tests scientifiques, avec en plus un lien financier pouvant générer un conflit d'intérêt.

Référence:
Article du Skepdic sur le Dr Rath

11 mai 2006

Le thé vert ne réduit pas les risques cardiovasculaires

AFP Washington-Le thé vert ne possède pas de vertus réduisant les risques de maladies cardiovasculaires, a conclu l'Agence américaine de réglementation des produits pharmaceutiques et alimentaires (FDA) dans une lettre publiée mercredi sur son site internet.

L'agence a de ce fait rejeté une demande faite en 2005 par la firme japonaise Ito En Ltd, premier producteur et vendeur mondial de thé vert, pour obtenir l'autorisation d'indiquer sur l'étiquetage que cette infusion prise quotidiennement pouvait réduire les risques cardiovasculaires.

«Basé sur l'examen des éléments scientifiques et d'autres informations soumis avec cette demande (...), la FDA a conclu qu'il n'y a aucune preuve crédible justifiant d'indiquer sur l'étiquetage que le thé vert ou ses extraits réduiraient les risques de maladies cardiovasculaires», peut-on lire dans la lettre de Barbara Schneeman, directrice du bureau des produits de nutrition et des compléments alimentaires.

Ito En Ltd et sa filiale nord-américaine souhaitaient pouvoir indiquer sur leurs produits qu'«au moins 150 ml d'infusion de thé vert pris quotidiennement comme source de catéchines pourraient réduire un nombre de facteurs liés aux maladies cardiovasculaires».

La FDA a passé en revue 105 articles et autres rapports soumis par Ito En.

Le thé vert est produit à partir des feuilles de camellia sinensis ou camellia chinois, une variété proche du camélia horticole ou camellia japonica. A la différence du thé noir, les feuilles utilisées pour le thé vert ne sont pas fermentées.

La FDA avait précédemment conclu que le thé vert ne réduisait pas non plus les risques de cancers du sein et de la prostate.

Ces vertus prêtées au thé vert l'ont rendu très populaire aux États-Unis depuis une dizaine d'années.


Encore un exemple de l'utilisation de mythes pseudo-scientifiques par des vendeurs de 'naturel'. Commerce et vérité scientifique font souvent mauvais ménage, au détriment de la deuxième. L'AMESSI pratique allègrement ce délicat mélange.

16 novembre 2005

La plante qui cache le poison

Les zélateurs forcenés de la phytothérapie devraient se méfier. A force de répéter que les plantes sont efficaces pour traiter toutes sortes d'infections, ils oublient une chose: si elles sont réellement actives, elles peuvent donc aussi être dangereuses. Surtout si on confond l'une avec l'autre. Prenez Stephania tetandra, une herbe d'origine chinoise censée faire maigrir. Commercialisée par la firme Arkopharma sous le doux nom d'Asiatitrat, elle fut utilisée par près de 2 000 femmes en France au début des années 1990 et plus encore en Belgique, où 1 million et demi de gélules furent vendues.

Mais voilà, si Stephania paraît inoffensive, sa cousine Aristolochia est, elle, très nuisible. L'un de ses composants constitue même un poison qui peut provoquer une insuffisance rénale ou des cancers des voies urinaires, et ce plusieurs années après qu'on l'a ingéré. Or, en chinois, la première s'appelle han fangchi et la seconde guang fangchi. Deux noms très proches qui expliquent que, entre 1989 et 1992, Arkopharma ait importé par erreur 750 kilos d'Aristolochia. Le leader européen de la phytothérapie et des compléments alimentaires (près de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004) a beau arguer que ces deux plantes étaient autorisées à la vente, sept femmes au moins, en France, en ont subi de graves conséquences et deux en sont mortes. L'une avait 40 ans, l'autre 34. Le mari de cette dernière a porté plainte en 2001 pour homicide involontaire.

Au cours du procès, qui s'est tenu le 5 octobre, le procureur avait requis deux ans de prison et 20 000 euros d'amende à l'encontre du PDG de l'époque. Celui-ci a d'ailleurs reconnu avoir «vendu une plante pour une autre», tout en se défendant d'avoir manqué de vigilance. Le verdict, rendu ce 17 novembre, donnera sans doute lieu à une procédure d'appel. Mais il aura au moins eu un mérite: rappeler les risques d'une «conception erronée et largement répandue [qui] fait de “naturel” le synonyme de “sans danger”». La phrase est tirée d'un rapport de l'Organisation mondiale de la santé paru en décembre 2002. Dans un pays où 49% de la population a déjà eu recours, au moins une fois dans sa vie, à des médecines complémentaires ou parallèles, elle prend tout son sens.


21/11/05 : L'ex-PDG en question a été condamné à trois ans de prison avec sursis et à 30.000 euros d'amende mais a fait appel. Le pharmacien niçois, qui comparaissait également, a été condamné quant à lui à 12 mois d'emprisonnement avec sursis. La phytothérapie, qui n'est pas toujours une charlatanerie, a parfois des effets secondaires non négligeables. Rappelons-le: "naturel" n'est pas synonyme de "sans danger".

05 octobre 2005

Ouverture du "procès des plantes chinoises" d'Arkopharma à Nice

NICE (AFP) - Le procès de l'ex-PDG du groupe de phytothérapie Arkopharma et d'un pharmacien niçois poursuivis après le décès, en 2000 et 2001, de deux femmes ayant absorbé des produits à base de plantes chinoises dans le cadre de régimes amaigrissants, a débuté mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice.Max Rombi, 75 ans, ancien PDG de la société française basée à Carros (Alpes-Maritimes), et Jean-Paul Gallon, 64 ans, pharmacien, sont mis en examen depuis septembre 2002 pour homicides involontaires.


Rappelons que 75% des médicaments sont à base de molécules trouvées à l'origine dans des plantes. La phytothérapie n'est donc pas une médecine plus 'douce' que la médecine scientifique n'est 'dure'. Ca n'empêchera pas certains groupes, plus intéressés par l'argent que par la bonne santé de leurs clients, d'abuser de cette étiquette charlatanesque de "médecine douce". Et rappelons que tout bon médicament peut aussi avoir des effets secondaires. Ceux qui n'en ont pas n'ont pas d'effet primaire non plus.